.Des chiffres. | .Enfouissement. | .Incinération. | .Retraitement des ordures. | .Pollution des sols et des eaux. | .Les habitudes des particuliers japonais.
¤-- ----- --¤
Un pays aux dimensions faibles, mais très fortement peuplé, et aux densités très disproportionnées ; ça peut causer énormément de problèmes, telles que le logement, ou bien l'épuisement croissant des ressources alimentaires ou autres. Mais pour cela, il faut une excellente organisation, et le Japon s'y évertue. L'un des problèmes conséquent au Japon, et ce depuis plusieurs décennies, est bien celui des ordures, et de la pollution. RT nous le souligne dans Wasted Minds , saga dans laquelle l'auteur utilise énormément les déchets, comme si elles étaient omniprésentes, et qu'elles posaient un véritable problème.
| France : | Japon : | |
| - Superficie | 544 435 km² | 377 819 km² |
| - Population | 60 561 200 hbts | 127 700 000 hbts |
| - Densité | 97 hbts/km² | 337 hbts/km² |
| - Régions montagneuses et volcaniques | nc | 70% de la superficie |
| - Zones habitables | nc | 25% de la superficie |
| - Production de déchets annuelle (moyenne) | 627 000 000t | 51 440 000t |
Comme vous pouvez le constater, la production de déchets au Japon est 12 fois moins importante qu'en France. Les Japonais sont donc plus « propres ». Mais qu'en est-il du retraitement des déchets ? Il existe plusieurs solutions pour éliminer ou réutiliser les déchets :
Or, la France est certes un pays gros producteur de déchets, mais la superficie du territoire est suffisante pour construire des infrastructures capables d'éliminer les déchets.
Au Japon, on ne peut pas dire la même chose : la superficie est 1,4 fois plus petite que la superficie française, pour une population 2 fois plus importante. De plus, il faut ajouter le fait que seulement 25% de la superficie japonaise est habitable, ce qui donne une densité mirobolante de 337 habitants au km².
Alors si les japonais s'entassent tous, où est-ce qu'il y a la place de construire les infrastructures nécessaires au traitement des déchets ?
| Production et traitement des déchets ménagers et assimilés (moyenne) : | |
| - Production totale de déchets | 51 440 000t |
| - Quantité de déchets traités à domicile | 350 000t |
| - Quantité de déchets enfouis sans traitement préalable | 3 440 000t |
| - Quantité de déchets traités avant enfouissement | 45 910 000t |
| - Quantité de résidus de déchets traités avant enfouissement | 7 430 000t |
| - Quantité totale de déchets enfouis | 10 870 000t |
| - Quantité de déchets recyclés | 7 030 000t |
| Chiffres complémentaires : | |
| - Nombre d'incinérateurs | 1 717 |
| - Capacité résiduelle d'enfouissement | 164 350 000 m³ |
En lisant ces quelques chiffres, on peut constater, qu'au Japon, les technologies industrielles sont de plus en plus évoluées, et que on peut recycler des quantités de plus en plus importantes de déchets. Mais, il reste toujours plus de déchets (dits déchets encore ou durablement irrecyclables) ou résidus de déchets pour lesquels la solution n'est que l'enfouissement. En effet, uniquement 40% des déchets sont recyclables.
La majorité des déchets sont destinés à être enfouis dans le sol, traités ou non. C'est la solution qu'il reste lorsqu'on ne peut pas recycler ou éliminer totalement les déchets. Cette solution est malheureusement la plus facile, mais elle est aussi la plus polluante.
Pollution de l'air, pollution visuelle, pollution du sol. Sans parler de l'hygiène. C'est le lot commun de tous les pays, chacun veut pouvoir se débarrasser de ses ordures, mais personne ne veut de site d'enfouissement au pas de sa porte.
Alors quoi penser des déchets industriels nocifs, polluants, ainsi que des déchets radioactifs ?
Mis à part l'enfouissement dans les terres, une nouvelle solution a été trouvée pour le traitement du CO2 (produit par les rejets de carbonés et le méthane - responsable de l'effet de serre). Il est compressé et liquéfié, et transporté dans les grandes profondeurs de la mer, à plus de 3500 mètres de la surface.
A cette profondeur, le CO2 se transforme à l'état de glace (à cause de la température et de l'importance de la pression), puis continue sa descente jusqu'au fond de la mer, sans se dissoudre.
Ce système n'en est encore qu'au stade expérimental, et a eu lieu en septembre 2005, dans la Baie de Monterey (au large de San Francisco, Etats-Unis). Une équipe nippo américaine a réussi à « enfouir » 20 litres de CO2. Cependant, les retombées économiques et écologiques n'ont pas encore été finies d'étudier, et il se pourrait que cette solution soit d'une, trop coûteuse ; et de deux, trop néfaste pour l'écosystème des poissons et du plancton.
Dans un autre contexte, les déchets ménagers et industriels produits chaque année restent très conséquents. Ainsi, on a décidé de la construction d'incinérateurs, pour parer à la pollution des sols provoquée par la solution qu'utilisait beaucoup le Japon auparavant : l'enfouissement. Seulement, si l'incinération résout le problème de place, l'on s'est rendu compte que 80% des incinérateurs construits ne respectent pas les normes antipollution en vigueur.
On a alors trouvé un autre système : celui du retraitement des ordures. A Sapporo, qui se situe à Hokkaido, et qui fait partie des 11 plus grandes métropoles du Japon, l'on a construit un complexe fantastique appelé "Templar M21", une petite merveille de modernisme coûteuse (10 millions d'euros pour sa construction).
Ce complexe accueille une grande partie des déchets de l'agglomération. Les déchets sont placés dans de gigantesques entonnoirs, puis ils sont séparés et classés par catégorie, et enfin retraités sur place.
En faisant d'ailleurs des recherches approfondies, l'on se rend compte que, effectivement, le Japon connaît des problèmes majeurs en ce qui concerne la pollution de ses sols et de ses eaux. Des grandes lois sur l'environnement ont été prises dans les années 70, qui ont donné lieu à de grandes réformes notamment dans le domaine de la pollution des sols dans les années 90.
De ces grandes réglementations, l'on retient par exemple que l'état japonais a désormais le droit de pénaliser et faire endosser l'entière responsabilité aux agents pollueurs. Ainsi, une entreprise qui pollue le sol à cause de ses activités aura l'obligation de purifier les lieux qu'elle occupe à ses frais.
Abordons ici un nouvel aspect des déchets au Japon. Qu'en est-il de la propreté des rues au Japon ?
On peut dire ce que l'on veut : que les Japonais sont très respectueux vis-à-vis de la nature, qu'ils ne jettent rien parterre, qu'ils ne dégradent aucunes de leurs installations municipales, etc.
Il n'en est pas moins que le système de ramassage des ordures est « retardé ».
Ainsi, si vous logez au Japon, dans une grande ville, vous seriez sans doutes étonnés de constater que le dépôt et le ramassage des ordures se déroule ... en pleine rue, à même le sol. Ne soyez pas non plus étonnés si l'endroit de « regroupement des ordures » se situe juste contre le mur de votre habitation.
Dû au tri des ordures (domaine dans lequel les japonais sont particulièrement en avance), le ramassage des ordures se fait par catégorie : les ordures qui peuvent être brûlées (moerugomi - restes de nourriture, papiers, etc.), les ordures qui peuvent être recyclées (shingengomi - plastiques, verres, etc.), et les ordures qui ne correspondent pas aux deux précédentes catégories. Ainsi est établi un roulement, et chaque jour, vous devez déposer une catégorie de déchets sur le sol. A 9h du matin, le ramassage s'effectue.
Deux problèmes se posent :
Certains systèmes ont été mis en place, comme des filets pour empêcher les oiseaux de venir picorer dans les sacs poubelles ; ou bien un système expérimental qui consiste à changer la couleur les sacs plastique en jaune, les rendant plus ou moins invisibles aux yeux des corbeaux. Cependant, un simple système de bennes à ordures est vraiment une lacune pour tous les citadins japonais.
Ne crachons pas non plus sur la propreté des Japonais.
Ils sont d'ailleurs très civiques, et acceptent de nettoyer à tour de rôle ou tous ensemble leur environnement.
Dans certains immeubles, une personne est choisie, à tour de rôle, parmi les habitants, pour s'occuper de l'entretien de la cage d'escalier. Ceci permet aux Japonais de comprendre qu'il n'est pas futé de salir outre mesure leur environnement, car se sont peut-être eux qui s'occuperont du nettoyage. Une notion de respect des parties communes à plusieurs voisins est donc instaurée.
De plus, dans quelques quartiers, une fois par mois, l'on organise une journée (plus particulièrement un samedi ou un dimanche) où les habitants du quartier se réunissent (environ une centaine), pour faire le ménage : balayer, ramasser et trier les ordures, nettoyer les mains courantes, etc.
Autre point : la campagne japonaise.
En ville, mis à part le problème évoqué ci-dessus, vous ne verrez jamais un japonais jeter un détritus à terre, de peur de se faire montrer du doigt. Mais en campagne, il n'est pas étonnant de voir quelques déchets joncher le sol, et certains fossés n'ont rien à envier à certaines rues de nos villes européennes (réputées comme sales pour quelques unes).
Même si les japonais et le shintoïsme n'arrivent pas à dissocier l'humain de la nature (le fait que la forêt recouvre 2/3 du territoire japonais, et que le manque de place sévit restreint les nippons à être très respectueux), il subsiste encore quelques dysfonctionnements et dérèglements qui restent fort dommage pour un pays qu'on voudrait prendre en exemple de part sa volonté de faire.
Pour conclure, on comprend mieux pourquoi RT a voulu tant appuyer sur les déchets, car c'est un message qu'elle veut faire passer : au Japon, le problèmes des déchets est omniprésent et fait partie de la vie de chaque japonais. Ils posent plusieurs problèmes : la place qu'il faut pour les stocker, la pollution qu'ils génèrent, etc. L'image qu'on avait d'un Japon propre et sain est quelque peu entâché, mais c'est un pays qui est loin d'être le dernier de sa classe, de part les efforts qu'il produit. De manière générale, on a beau utiliser n'importe quelle solution pour les déchets, il restera toujours des problèmes de pollution : l'enfouissement pollue, les décharges puent, les usines de retraitement produisent des fumées nocives ; sans parler des déchets qui à la base eux-mêmes toxiques, comme les déchets nucléaires par exemple. En clair, c'est un cercle sans fin, et tant qu'il y aura des hommes pour produire des déchets, il y aura des problèmes ; même s'il faut faire de son mieux pour alléger au plus cette pollution.
Dossier préparé avec les témoignages trouvés sur le forum : http://www.forumjapon.com/forum/, et avec la participation de Eve C.