Il suffit que tu sois là

君が居るだけで

Résumé :

Il suffit...Une grosse entreprise vient de faire faillite récemment, sur la photo d'un journal on voit tous les dirigeants qui s'inclinent humblement, sauf un : M. Dômoto. Extrêmement fier, ayant travaillé pendant plus de 30 ans dans la même entreprise, c'est un grand travailleur habitué aux pressions du mondes des corporations multinationales. Mais suite à la faillite de son entreprise, il se retrouve sans emploi pour la première fois de sa vie et recherche du travail. Sa femme travaille dans un petit fast-food qui vend des plateaux repas, mais elle est récemment tombée malade suite à une méchante grippe, et ne peut se rendre à son travail. Puisqu'il n'a rien d'autre à faire, M. Dômoto décide donc de remplacer temporairement sa femme au restaurant où elle travaille, histoire de ne pas pénaliser le fast-food financièrement; en effet M. Dômoto a une très haute idée de la valeur du travail.

Il se rend ainsi pour la première fois au restaurant et demande à parler au patron ("Tenchô"). Ce dernier est très impressionnable car c'est un faible et il se laisse facilement intimider par le charisme et l'aura de sérieux de M. Dômoto. Ainsi, on sentirait que les rôles sont inversés dès le début. Au restaurant travaille depuis peu une jeune étudiante Thaïlandaise, Mlle Atchara, qui visiblement ne parle pas très bien le japonais (la seule phrase qu'elle sache dire est "Nihongo wakarimasen", je ne comprends pas le japonais). Le pauvre patron se retrouve donc avec deux nouveaux employés : l'un déterminé à faire de son possible pour aider mais qui n'a jamais fait la cuisine, et l'autre qui ne comprend pas bien le japonais. Il décide donc d'assigner M.Dômoto à la réception des clients, mais il s'avère que le résultat est terrible : en effet, M. Dômoto est trop sérieux, trop tendu, strict, et ça se ressent sur les clients qui semblent le fuir. Les clients se font rares, mais M. Dômoto a décidé de s'entraîner chez lui à sourire et à être aimable envers les clients, mais cela ne suffit pas, et lorsque M. Dômoto réprimande sévèrement deux enfants qui mettaient leurs doigts sales sur des beignets, le patron décide de changer de méthode. Pour le rendre moins intimidant, il fait enfiler un costume de lapin à M. Dômoto et le place à l'entrée du restaurant avec une pancarte de promotion pour attirer les clients, pendant qu'il met Mlle Atchara à l'accueil de la clientèle. La jeune thaïlandaise est très prometteuse et son sourire charme les clients qui reviennent plus nombreux. Toutefois, le patron est désormais seul pour travailler en cuisine et est très fatigué, surtout qu'il apprend que Mme Dômoto souffre d'une légère pneumonie et qu'elle a été hospitalisée. M. Dômoto va donc rester encore plus longtemps que prévu.

Pendant ce temps, M. Dômoto s'entraîne chez lui et est presque arrivé à des résultats convaincants en matière de sourire et d'aimabilité, en regardant agir Mlle Atchara qui sera un peu son modèle pendant tout l'épisode (après tout, elle est dans un pays qui lui est étranger, avec des gens qu'elle ne connaît pas, et elle arrive fort bien à s'adapter). Il est désormais prêt à revenir à l'accueil des clients, permettant ainsi à Mlle Atchara de retourner en cuisine afin d'épauler le patron. Malheureusement, un jeune voyou, un soir, provoque un scandale au restaurant, en prétendant avoir commandé un curry au lieu d'un poulet frit, et reporte la faute sur Mlle Atchara en prétendant qu'elle a bafouillé son japonais, car ce n'est qu'une "sale étrangère". A ces mots, M. Dômoto devient fou de rage et le plaque violemment au sol (encore dans son costume de lapin). Mais le patron, qui est un faible, le laisse partir et s'excuse même, M. Dômoto ne comprenant pas sa réaction. Le patron regrette de s'être laissé intimider, et passe même à deux doigts de renvoyer M. Dômoto, mais il ne peut pas le faire...

Le lendemain matin, M. Dômoto arrive plus tôt que prévu pour reparler de cette affaire avec le patron, car il pense qu'il n'a pas forcément tort. Mais juste au moment d'entrer dans la cuisine il entend de l'autre côté de la porte les employés parler de lui avec le patron, entendant qu'il est un fardeau pour l'entreprise. Il décide de partir, car ça l'a blessé... Il décide de ne plus revenir, car sa fierté vient d'en prendre un sacré coup. Sur le chemin du retour, il croise Mlle Atchara et se confie à elle, il éclate en sanglots lorsqu'il réalise qu'il n'est vraiment pas fait pour ce travail, mais se rend aussi compte à quel point Mlle Atchara a été pour lui d'une aide précieuse pour continuer à essayer de s'améliorer. Elle arrive à convaincre M. Dômoto de revenir au magasin et de s'excuser simplement auprès du patron. M. Dômoto a enfin réussi à ravaler son orgueil et à se comporter comme un véritable employé. Mme Dômoto guérit une semaine après de sa pneumonie et reprend son poste à la place de son mari. Quelques mois plus tard, M. Dômoto trouve un nouvel emploi dans une petite compagnie, nul doute que l'expérience du petit restaurant lui aura servi. Il le fréquente toujours, d'ailleurs, pour voir Mlle Atchara qui l'a aidé alors qu'il était au plus bas.

Analyse :

C'est une nouvelle assez intéressante sur certaines réalités du monde du travail au Japon, tant au niveau des problèmes de société que des éléments simplement à retenir. Déjà, parlons du personnage principal (M. Dômoto) qui est confronté au problème du chômage. Le chômage est assez peu répandu au Japon, et les entreprises qui délocalisent emmènent leur employés avec eux dans la plupart des cas... Mais lorsqu'on est au chômage on a en général beaucoup de mal à retrouver un travail, même si dans le cas de M. Dômoto qui a de brilliants états de service, ce n'est pas véritablement un problème, et d'ailleurs preuve en est qu'il retrouvera un travail quelques temps après. Le véritable problème est celui de la redirection, de la réorientation. En effet, M. Dômoto vient du monde des bureaux, et travailler dans la restauration est apparemment une chose à laquelle il a du mal à se faire. Et en effet, au Japon, il est extrêmement difficile de se réorienter, de changer de vie. Toujours dans le même contexte, un employé fait généralement "carrière" dans une entreprise, qu'il ne quitte qu'à la retraite venue. Un autre aspect des différentes classes de métier est la différente stupéfiante qui existe au niveau de la considération du travail : un homme qui travaille dans un bureau ou qui a fait carrière est infiniment plus respecté et considéré dans la société que quelqu'un qui s'occuperait d'un restaurant comme le patron du fast-food. Le contact direct avec le client serait-il perçu comme dévalorisant ?

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