Hazuki, une jeune fille de 13 ans, trouve le comportement de son père et de sa mère très étrange depuis quelques temps. Cela faisait très longtemps qu'ils n'étaient pas partis en vacances, et rien ne semble entamer le moral du père, M. Fuwa, qui ne crie même pas lorsque Hazuki brise son trophée de golf dont il était si fier, alors que quelques semaines auparavant il avait littéralement incendié son fils Shôhei (plus jeune que Hazuki, 9 ans). Hazuki se demande s'ils n'ont pas l'intention de la tuer. En effet, quelques jours auparavant, elle a entendu deux femmes, ses voisines, parler de leur famille, en disant que le mari avait démissioné de son poste et investi toutes ses économies pour ouvrir un bureau d'architecte avec un ami qui s'est enfui avec la caisse... Or, les parents ont réagi comme s'ils n'avaient plus rien à perdre, et ont décidé de partir en voyage de vacances, et de dépenser de l'argent déraisonnablement. Ils laissent par exemple Shôhei acheter tous les jouets qu'il veut, et proposent à Hazuki d'aller acheter des vêtements, ce à quoi elle se montre réticente, car elle a bien conscience que quelque chose ne tourne définitivement pas rond, et craint un mauvais événement. Elle croit que ses parents ont planifié de s'amuser et de dépenser leur argent avant de faire un suicide familial ! Et en effet, tout porte à croire que c'est le cas. Les Fuwa se rendent à une fête foraine où Hazuki rencontre son "Sempai" dont elle est amoureuse, Aïzaki. Mais elle découvre qu'il a déjà une petite amie, et elle perd goût à la vie. Mais en même temps, elle ne veut pas que l'on découvre son journal intime et que pour X raisons on vienne à le publier, car il contient des passages faisant allusion à ce même Aïzaki...
Plus tard dans la journée, ils se perdent en voiture et sont contraints de séjourner dans une auberge. Shôhei et Hazuki lui disent que ça leur importe peu, et que l'essentiel est qu'ils restent toujours ensemble. Hazuki aperçoit les larmes de ses parents, et commence à se poser de plus en plus de questions, redoutant même que son père la tue d'abord, dans son sommeil. Ce n'est que vers la fin de l'histoire que le père, jetant la voiture du haut d'une falaise, révèle qu'il a un cancer de l'estomac, et qu'il ne peut pas laisser sa famille seule derrière lui. Heureusement, la falaise ne faisait que quelques mètres, et la voiture s'échoue dans une épaisse couche de neige. Hazuki et ses parents ne peuvent plus bouger, car ils ont très mal au ventre. Hazuki pense à un poison... Shôhei prévient les gens qui skient à proximité et la famille Fuwa se retrouve ainsi à l'hôpital. En réalité ils ont tous souffert d'une indigestion à l'auberge où ils ont séjourné, sauf Shôhei dont le père a mangé la part. Quant au soi-disant cancer à l'estomac, il s'agit en réalité d'un ulcère du au stress, qui s'est résorbé depuis quelques jours puisque M. Fuwa s'est détendu. Ainsi, il décide de devenir plus fort et de repartir à zéro, quite à vivre plus pauvre. La mère de Hazuki et Shôhei s'est trouvée un travail à mi-temps et le père s'est rétabli. Petit à petit, cette famille, unie, parviendra à remonter la pente !
Cette nouvelle aborde un problème, sinon le problème le plus préoccupant de la société japonaise : le suicide. Études puis travail, oppression professionnelle, conditionnement total, nécessité de se surpasser constamment, pour "rester dans le coup". L'influence terrible du travail sur la vie familiale en est l'exemple type. Un autre aspect, c'est évidemment l'importance du père dans le cercle familial. C'est lui qui représente le revenu principal, Mme Fuwa ne travaille qu'à la fin de l'histoire, et à mi-temps. Cette nouvelle montre une chose aux amateurs de mangas qui ont tendance à idéaliser un peu la société japonaise : la réalité, c'est que le Japon est loin d'être une société idéale. Elle a ses défauts, comme toute société. Et c'est vrai que de les exposer sous forme de mangas, donc en fiction, en romance, est une excellente idée et d'une réelle subtilité. Les suicides familiaux sont rares mais il s'agit néanmoins d'une réalité. Ici, M. Fuwa préfère tuer tout le monde que de laisser une famille livrée à elle-même derrière lui. Au contraire, sa fille représente le courage de celle qui veut s'accrocher à la vie, et qui peut pouvoir vivre sa propre vie, indépendante. Elle est dans ce sens radicalement différente de sa mère qui elle accompagne les décisions du mari sans les contredire.