L'histoire commence avec une scène de funérailles : Mme Tonegawa enterre en effet sa belle-mère, 10 jours après avoir enterré son mari. La plupart de ses voisins l'ont accompagné. Sa voisine de pallier (dont le nom n'est pas donné mais qui sera le personnage principal puisque c'est de son point de vue que la situation évolue) a entendu les pires rumeurs à propos de Mme Tonegawa : elle détestait sa belle-mère, et, en effet, on la voit bailler pendant l'enterrement, et elle ne semble pas éprise d'un grand chagrin. On apprend aussi qu'elle était une très mauvaise épouse, et qu'elle forçait sa belle-mère à tout faire dans la maison... Ainsi, la voisine ne tient pas particulièrement à avoir des relations avec Mme Tonegawa qui a une très mauvaise réputation. Jusqu'au jour où celle-ci sonne à sa porte, et lui demande de garder pendant quelques temps quelques pots de fleurs, car elle doit aller déposer les cendres de son mari à leur tombe familiale, à la campagne. Quelques jours passèrent paisiblement jusqu'à ce qu'un des pots de fleur que Mme Tonegawa avait confié à sa voisine tombe par terre. La voisine entreprit de changer le pot mais y découvrit un étrange objet triangulaire : un morceau d'os humain !!
N'étant pas sûre à 100% de la nature de l'objet, la voisine entreprend d'aller sonner chez Mme Tonegawa, mais elle n'est pas encore revenue. Elle croise une autre voisine sur le pallier et elles commencent à parler de Mme Tonegawa : il paraît qu'elle avait maltraité sa belle-mère, qui était sortie de l'appartement à genoux lui priant de la pardonner, et Mme Tonegawa l'avait ramené de force à l'intérieur. Elle se demande si ce ne sont pas les os de la grand-mère qui sont dans les pots. Elle passe par hasard près d'une pépinière, et le propriétaire reconnaît la voisine car elle était aux funérailles de Mme Tonegawa. Celui-ci lui dit qu'elle venait souvent ici acheter des plantes dont elle prenait soin avec son mari, qu'elle aimait beaucoup. Toujours perplexe, la voisine rentre chez elle et rencontre Mme Tonegawa sur le pallier. La voisine ramène donc les pots à Mme Tonegawa et lui dit qu'elle a trouvé un os à l'intérieur. Mme Tonegawa se fige instantanément : on croit d'abord qu'elle va s'en prendre à sa voisine mais elle s'asseoit et commence à raconter son histoire à sa voisine : sa belle-mère et elle ne pouvaient pas se voir, leurs caractères étaient incompatibles. Sa belle-mère jugeait qu'elle ne pouvait pas s'occuper de son mari proprement, et elle ne touchait pas aux repas de Mme Tonegawa. Elle répandait des rumeurs et critiquait sa belle-fille ouvertement devant tout le monde. N'étant pas très loquace, Mme Tonegawa n'avait pas le courage de venir contredire ce que sa belle-mère racontait à tout le monde, jusqu'au jour où elle en eut assez et demanda des explications à sa belle-mère. La belle-mère demanda d'un ton hautain si c'était des excuses qu'elle voulait, et dit qu'elle allait s'excuser : elle se précipita dehors, feignant d'avoir été maltraitée, pleurant et demandant pardon alors que Mme Tonegawa n'avait rien fait : cette dernière eut conscience qu'un mur les séparait à jamais.
On apprend ensuite que ce ne sont pas les os de sa belle-mère mais ceux de son mari qui furent mis en pot : en effet, peu avant de mourrir (d'un accident), les derniers mots de son mari furent "maman"... Comme elle savait que sa belle-mère n'allait pas tarder à le rejoindre, elle ne voulut pas mêler les cendres de son mari à celles de sa belle-mère et les réunir dans la même tombe, elle mit donc les ossements de son mari dans les pots à plante, de sorte qu'elle pourrait les garder. Mais finalement elle prit peur et dans la hâte remit les cendres de son mari dans l'urne funéraire, oubliant un os au passage, celui que sa voisine avait découvert.
Ainsi, Mme Tonegawa n'était pas la méchante dame que l'on pensait être, mais au contraire une femme victime d'un destin cruel et sordide. Peu après l'incident, elle décida de déménager. Sa voisine lui dit que s'il avait eu le temps et la force de les prononcer, les dernières paroles de son mari aurait été pour Mme Tonegawa.
Cette histoire se démarque légèrement des autres (même si elle reste dans l'esprit de Rumic Theater) car elle ne traite pas d'un phénomène de société mais plutôt de l'aspect psychologique. Takahashi veut faire passer un message, le premier étant de toujours se méfier des préjugés : alors que Mme Tonegawa semblait avoir énormément d'éléments contre elle dans l'esprit de sa voisine, il s'avéra que finalement elle était très loin du compte. Il faut toujours chercher à avoir les deux versions d'une affaire pour avoir un regard éclairé. Un autre "thème psychologique" dans l'histoire est celui de la réputation. Une réputation est vite faite sur des faits anodins, ou bien occasionnels, et il est dur de s'en défaire, surtout si l'on a pas la verve pour contre-balancer des médisances. Les gens ont trop souvent tendance à aimer les ragots, et il se dit finalement plus de choses erronnées que de choses justes. Ainsi, c'est également un message contre cet état d'esprit "comère" que Takahashi écrit cette histoire. Enfin, dans un autre domaine, on peut dire que l'amour et la haine sont parfois des sentiments très proches, et l'affectif beaucoup plus puissant qu'on ne peut l'imaginer.