Encore une histoire marrante et néanmoins très intéressante, elle fait réfléchir !!
La famille Hirooka vit dans un quartier assez bourgeois de la banlieue est de Tôkyô, au croisement de deux rues. Toutefois, Mme Hirooka découvre que quelqu'un semble confondre le coin de la rue, auquel le mur de la propriété des Hirooka est adjacent, avec un point de ramassage d'ordures. Du coup, les voisins déposent naturellement leurs ordures au même endroit, ce qui a le don d'agacer Mme Hirooka, qui dépose d'abord une pancarte pour prévenir qu'il n'en est rien et qu'il ne s'agit pas d'un point de ramassage de déchets. Mais elle continue à trouver des objets bizzares semblant sortis de la jungle amazonienne. Un soir elle suit à la trace les objets qui sont tombés tel déposés par le Petit Poucet, jusqu'à la maison... du patron de M. Hirooka, qui vient d'emménager ! Celui-ci avait d'ailleurs montré à son employé une étrange carte postale sur laquelle figurait un crustacé à tête de femme, oeuvre d'art d'un goût très douteux qu'il semblait toutefois apprécier. M. Hirooka calme sa femme qui elle aussi réalise qu'elle a affaire au patron de son mari, et elle le salue, oubliant de lui dire qu'il ne s'agit pas d'un point de ramassage d'ordures. En fait, le chef de Hirooka collectionne ces objets bizzares qu'il ramène de ses voyages en pays exotiques, mais sa femme ne peut pas les voir, et les jette tous les jours aux ordures. Le soir venu, le mari va les récupérer et les remet à leur place, et ce tous les jours. Une routine se met en place pendant laquelle le chef charge Hirooka de ramasser les ordures et de les lui remettre tous les soirs. En fait, c'est surtout motivé par la perspective d'une promotion certaine, l'idée ayant filtré de la femme du chef! Le dilemme est cruel, mais au bout d'un moment les Hirooka n'en peuvent plus, et préfèrent finalement se passer de promotion quite à s'attirer les foudres de son chef, et à leur dire la vérité. Or un soir, le père de Ritsuko (Mme Hirooka) prend l'initiative de demander à un éboueur de ramasser les ordures et de les amener sur l'Île des rêves (une île artificielle en marge de Tôkyô où sont stockés tous les déchets de la ville, il s'agit probablement de la plus grande décharge publique au monde). Du coup, effrayés par la réaction probablement terrible du patron, les Hirooka se mettent en quête, en vain, de retrouver les fameux objets. Dépités et décidés à rentrer et à raconter la vérité au chef, ils l'aperçoivent alors en compagnie de sa femme dans la décharge, et c'est là que Ritsuko n'en pouvant plus, elle leur dit la vérité, à la grande surprise du patron qui n'est pas tellement énervé, mais plutôt surpris et étonné que son employé ne lui aie jamais rien dit. A partir de ce jour là, la femme du chef alla régulièrement déposer les ordures dans un vrai point de ramassage, et le chef allait chaque soir à l'Île des rêves pour les récupérer, épargnant ainsi des tierces personnes de faire le "sale boulot" à sa place.
Cette nouvelle soulève la question : "Jusqu'où êtes vous prêt à aller pour votre promotion sociale ?" ou bien "qu'est-ce qui est le plus important ? le travail ou la famille ?". Ici, l'employé, de peur de contrarier son patron, accepte d'indisposer sa famille, et même si c'est d'un commun accord avec sa conjointe, le fait reste là. Toutefois, Takahashi montre bien que le patron en question n'est pas au courant de la situation, ce n'est donc pas un homme prompt à profiter de la situation. Le chef reste ici une personne très humaine, et d'ailleurs il a tendance à considérer Hirooka comme un ami la plupart du temps dans l'histoire. On ne retient donc pas de mauvais sentiment de ce personnage, puisqu'il est honnête, intègre et qu'il sépare très justement vie profesionnelle et vie privée (même si sa femme parle à un moment d'une possible promotion). Là encore, de nombreux éléments de cet histoire sont très enrichissants sur le plan documentaire puisqu'elle nous apporte des détails sur la vie au Japon, qui n'est pas présentée comme "idyllique" ni "pessimiste" d'ailleurs, mais juste réaliste, sans oublier la touche de fiction et d'humour qui fait tout le charme de Takahashi.