Une marchande de romance

ロマンスの商人

Résumé :

Marchande de RomanceL'histoire commence lorsque Yukari, qui dirige une "maison de mariage", une chapelle qui ne fait que des mariages, est au bord de la faillite et doit déposer le bilan pour cause de finances désastreuses. En effet, l'affaire que lui a légué son père était déjà presque sur les rotules au niveau financier, son père étant quelqu'un d'extrêmement généreux, voire trop, et souvent naïf. Du coup, souffrant de manque de maintenance et d'entrain de la part de ses employés, la Maison de Romance ne reçoit presque plus de visites et encore moins de clients. Yukari a d'ailleurs dû licencier la plupart de ses employés qu'elle n'arrivait plus à payer, et n'a pas assez d'argent pour payer ses plus vieux employés, elle doit donc trouver coute que coute une somme nécessaire pour leur payer les indemnités.

Repensant à son père trop naïf qui avait involontairement préparé le terrain à cette situation, elle décide de rendre visite à sa tombe au cimetière, et elle voit un couple en train de prier devant la tombe. Quand elle demande à l'homme si son père les connaissait, l'homme répond qu'il a autrefois travaillé pour le père de Yukari, à la Maison de Romance. Le père de Yukari lui avait d'ailleurs prêté une somme très importante, ce qui lui permit de se rendre aux États-Unis et d'y travailler, ainsi que de rencontrer la femme de sa vie. Toutefois, même après 30 ans d'existence commune, ils ne se marièrent jamais car ils voulaient le faire dans la Maison de Romance. Pendant ce temps, Yukari essaie d'obtenir de son ex-mari, Keichi, les dommages et intérêts qu'il lui devait de son divorce, afin de "colmater les brèches" financières, au grand dam de son employé principal, Betto, qui semble avoir un faible pour Yukari, et qui lui reproche de toujours voir son ex-mari, qui l'a laissé tomber, elle et la Maison de Romance. Mais Keichi n'a pas l'argent nécessaire. Elle décide donc de fermer définitivement la porte de la Maison de Romance et se prend à rêver de se remettre avec Keichi, maintenant qu'elle n'est plus la patronne d'une chapelle de mariages, ce qui l'avait empêché de mener une vraie vie de famille et indirectement causé son divorce. Aussi, lorsque Keichi l'appelle pour lui "dire quelque chose", elle y va plein d'espoir, et se retrouve anéantie lorsqu'elle découvre qu'il ne s'agit pas d'une réconciliation, mais du reste des dommages et intérêts que Keichi lui devait...

Aussi, pendant ce qui était censé être la dernière cérémonie de mariage de la Maison de Romance, Yukari mariant l'ancien employé de son père et sa femme américaine, Yukari se met à pleurer d'émotion et de chagrin, mais réalise que finalement, elle trouvera bien quelqu'un pour se marier, et décide de laisser la Maison de Romance ouverte, touchée par les mots "dans la richesse ou la pauvreté, le bonheur et la peine".

Analyse :

Cette petite histoire recèle de nombreuses informations sur la société japonaise, et notamment sur le plan économique mais aussi culturel.
Premièrement, on remarque l'importance voire le caractère indispensable de l'inflexibilité et de la rigueur au niveau financier dans la gestion d'une entreprise japonaise, l'absence de sentiments, mais malgré tout, le désir de faire des sentiments une sorte de commerce, et vice-versa, de montrer un côté plus humain et moins mécanique de la gestion d'une entreprise et de ses employés. Tout n'est certes pas rose, on le voit bien, mais le message véhiculé par cette nouvelle est un message d'espoir, un message résolument optimiste qui dit que l'on peut toujours se sortir d'une mauvaise passe lorsqu'on est à plusieurs, et plus particulièrement à deux. D'autre part, on voit aussi le caractère vraiment impitoyable de la société japonaise, la notion de concurrence même si aucun rival n'est montré clairement. Il s'agit là encore d'une fine critique sur l'aspect économiquement très "froid" de la société nippone. Takahashi, qui a eu le "loisir" de travailler en entreprise dans sa jeunesse peu fortunée sait de quoi elle parle, et rêve probablement d'une généralisation des professions libérales même si ça reste de l'ordre de l'utopie.

Au niveau culturel, cette nouvelle regorge de détails intéressants, et tout d'abord le cotoiement presque naturel des traditions orientales et occidentales. Le mariage Shintô et le mariage chrétien ont la même importance et la même signification, il ne s'agit que de préférences (le mariage chrétien est toutefois moins cher, et s'est donc démocratisé et répandu ces trente dernières années). On y voit également une des constantes de la loi conjugale au Japon : c'est presque automatiquement et dans 99% des cas au mari de payer les pots cassés dans une affaire de divorce !

Un point très fort de cette nouvelle, mais également de Rumic Theater en général est cette capacité à nous montrer et à nous dévoiler la société japonaise tout en donnant un scénario original qui nous implique réellement dans l'histoire, en n'oubliant jamais les sentiments et le côté romancé : il ne s'agit donc ni d'une critique, ni d'un documentaire, ni d'une fiction, ni d'un roman, mais un peu tout en même temps, et ce réalisé avec une finesse et un talent remarquables.

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