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D'ailleurs, le lecteur, autant que le spectateur se rendra compte très vite de cet état de fait, puisque dès le premier manga/épisode, Ranma et Akane se voient nus, ce qui est assez rare pour entamer une relation. Dès le début, le lecteur est mis dans le ton. |
Dans l'essence même de l'histoire réside un thème sexuellement très explicite : le changement de sexe. Ce qui ne peut se faire sans introduire d'emblée une notion forte de différence entre les deux sexes. D'ailleurs la relation entre Akane et Ranma vient encore compliquer les choses puisque on a d'un côté un garçon macho qui se transforme en fille et de l'autre une fille qui est un vrai garçon manqué ! Le changement de sexe est également un vieil adage de l'homme, à savoir que n'importe qui a déjà rêvé ou pensé à la possibilité de changer de sexe. C'est dans la nature de la psyché humaine de se poser ce genre de questions, et d'ailleurs nombre de dérèglements ou naissance de tendances ou goûts sexuels non-conventionnels proviennent de ce questionnement, ou de ses composantes. Or, le cas de Ranma est vraiment un cas à part puisqu'une d'une part la transformation est totalement originale ou presque, et que Takahashi expose dans son manga les avantages et les inconvénients du changement de sexe de Ranma (force brute d'un côté et charme viril d'un côté, agilité et charme féminin de l'autre). Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si Ranma reste "beau" et "belle" dans les deux sens... C'est une fascination qui nait pour le personnage, qui est déjà marqué du sceau "hors du commun". Il se trouve d'ailleurs que Ranma est le personnage féminin le plus apprécié de la série en même temps que Shampoo, auprès des hommes, sur des critères de sélection qui sont évidemment bien masculins (taille du tour de poitrine, sculpture des hanches, etc...) bref Kuno est un fin connaisseur !!
Au changement de sexe vient se greffer le fantasme bien japonais de l'hermaphrodite (mi homme-mi femme, capable de s'auto-féconder, et à priori doté d'un phallus et d'un vagin), ce qui fait le bonheur des dessinateurs de Hentai (mais nous y reviendrons plus avant). Bien que cela puisse paraître "malsain", Ranma ½ conduit certains de ses lecteurs (qui ne sont pas une minorité) à exprimer tout haut des questionnements sexuels. Ou bien l'arrivée de questions idiotes comme "Que se passerait-il si l'on aspergeait Ranma avec de l'eau tiède ?" ou bien "Ranma peut-elle tomber enceinte ?". Questions auxquelles Takahashi, rigolant, répond par "Mieux vaut ne pas y penser".
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En France, cet "excès de sexe" (selon le CSA) a conduit à une version très censurée, contrairement au Japon où le manga est montré dans son intégralité. On ne censure pas seulement les images, mais également les propos, transformant Happosai en un "voleur de marchandises"... Tous les manga sont plus ou moins censurés en France, mais Ranma (au même titre que Maison Ikkoku, d'ailleurs) fait figure de modèle en ce qui se fait de pire en matière de censure. Au Japon comme aux Etats-Unis, Ranma n'est pas censuré et la bande vidéo est l'originale.
De nos jours, le Hentai se divise en deux catégories : d'un côté les doujins, ou doujinshis, qui sont en fait des mini-magazines contenant des histoires comportant des personnages et l'univers d'un manga. Un doujinshi n'est pas nécessairement hentai, même si les deux termes ont été à tort rapprochés indéniablement tant l'un utilisait l'autre comme moyen de propagation. De l'autre côté, en production moins importante mais plus répandue sur le net car en plus petit format, les images. Il s'agit dans le meilleur de cas d'images totalement dessinées par leurs auteurs, et dans le pire des cas des montages photos, une image issue d'une série Hentai où l'on a simplement changé la tête d'un personnage; cela peut faire illusion, mais bien souvent on sait que l'on a à faire à une simple retouche. |
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B) La place de Ranma dans le Hentai.Ranma est incontestablement une série qui aura influencé et inspiré de nombreux auteurs de fanfics, doujins et images hentai. D'une part pour les mêmes raisons que j'évoquais plus haut (fantasme de l'hermaphrodite, perversité, nus faciles...). D'autre part, parce que Ranma est un vivier à imagination de la part des auteurs : en effet, la majorité des filles qui y sont présentes ont une personnalité bien à elles, et sont souvent assez caricaturées. Dans ce sens, on peut aisément leur affecter un comportement sexuel semblable ou opposé à la personnalité qu'ils affichent dans la réalité.
Pour bien comprendre le succès de Ranma dans le Hentai il faut d'abord savoir que ce n'est pas toujours proportionnel au succès du manga, même si les mangas à succès ont plus de chance de figurer dans des "Top" Hentai. Parmi les séries les plus "populaires" au niveau Hentai, on retiendra surtout Evangelion et Dragonball Z, suivi de près ou de loin par Final Fantasy, qui n'est pas à proprement parler un manga mais qui a créé un véritable phénomène à partir du moment où la qualité graphique des jeux est allée croissante (FF7 et +). Ranma tire largement son épingle du jeu grâce notamment aux thèmes explorés dans les histoires Hentai (changement de sexes, relations homo, hétéro voire bisexuelles), ce qui conduit souvent à inclure le héros dans l'histoire, à 99% du temps ! Chaque personnage a également un "stéréotype" de comportement Hentai. En effet, Nabiki et Kodachi sont présentées comme étant des dominatrices, exceptionnellement vicieuses, souvent au milieu d'histoires de sado-masochisme. Pour Kasumi, on a voulu la "désacraliser" et mettre une opposition à son comportement naturel de Sainte Nitouche en lui donnant un véritable caractère de nymphomane, faisant l'amour à ses soeurs voire même avec Tofu, ou dans des histoires d'inceste au goût douteux, mais qui ne fera pas peur au japonais moyen. Akane est présentée comme LE prototype de la lesbienne. Tirant profit de ses dires "Je déteste les hommes" dans le manga, elle est souvent représentée avec ses soeurs, ou ses rivales (Shampoo, Ukyô, Kodachi). Ryôga a également un comportement assez éloigné de celui qu'il montre dans le manga, puisqu'il est représenté comme le plus viril bien souvent, n'hésitant pas à abuser de Ranma fille (un des couples les plus représentés, Ranma-chan et Ryôga). Bien évidemment, ces schémas généraux ne s'appliquent pas à tous les doujins de Hentai, et il existe heureusement de belles originalités. |
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C) La controverse.
Les pro-Hentai basent leur argumentation avant tout sur la liberté d'expression. Car le Hentai ne prétend pas "refaire du Ranma" ou prendre la place du manga de Takahashi, ce qui serait de toute façon impossible, mais plutôt répondre à un désir, un besoin d'expression. Car certes, ces lectures sont peut-être choquantes pour le puriste ou le puritain, mais elles rencontrent un franc succès, quoiqu'il en soit. Il ne s'agit juste que d'écrire une histoire graphiquement, rien de plus. C'est à chacun de voir midi à sa porte... Et pour finir, un site incontournable pour le hentai relatif à Ranma, si vous êtes intéressé : The Ranma Hentai Gallery, site contenant de nombreux doujins et images. |