Le système scolaire japonais

Je me suis enfin attaquée à ce gros morceau qu'est le système scolaire au Japon.
Et on peut dire qu'il y a de la matière!
Mais comment passer à côté, alors que nos héros préférés y passent (ou tout du moins sont sensés y passer) plus de la moitié de leur temps! Une bonne description s'imposait!
Vous allez voir qu'après cette lecture, vous allez aimer notre système français!!

Cadre administratif
Etapes de la scolarité
Formation des enseignants
Le port de l'uniforme
Les activités et les fêtes
Bilan


CADRE ADMINISTRATIF

L'instance centrale est le ministère de l'Education, de la Science et de la Culture (Monbusho). Celui-ci édicte toutes les réglementations relatives à l'organisation et au fonctionnement du dispositif scolaire. Même les manuels scolaires sont soumis à son approbation. La mise en application de ces réglementations incombe aux Comités de l'éducation des préfectures et des municipalités, dont les responsables sont toutefois nommés après l'accord du Monbusho. Le système est donc fortement centralisé et l'autonomie des établissements, comme celle des collectivités locales, est très limitée.


ETAPES DE LA SCOLARITE

Au Japon, la scolarité est obligatoire de 6 à 15 ans.

Avant d'entrer dans le système même, "92% des 4-5 ans fréquentent déjà des jardins d'enfants ou des centres d'accueil, les Yochi-en. Ceux-ci, malgré leur dénomination, sont déjà souvent une préparation systématique à l'école primaire." L'enfant doit en effet très tôt apprendre à vivre en communauté et acquérir le plus vite possible les normes et les valeurs qui lui permettront de s'insérer dans la société.
Fait digne d'être noté : de nombreux temples bouddhiques et shintoïstes ne recevant plus aucun appui financier de l'Etat ou de la cité ont créé des Yochi-en sur le modèle des missions chrétiennes.

A 6 ans, donc, l'enfant entre à l'école primaire.
Celle-ci dure 6 ans, contrairement à nos 5 années pour la France. Ainsi au Japon, la 6e est rattachée au primaire.
Dès le primaire, les petits japonais ne rigolent pas! Il faut en effet "des efforts soutenus tant pour l'apprentissage fort complexe de l'écriture japonaise - 1250 signes d'écriture à apprendre! - que pour l'acquisition de solides connaissances dans les autres domaines, en particulier les mathématiques et les sciences."

Les écoliers et les étudiants japonais sont donc astreints à un dur travail. Le dimanche est libre, certes ; mais il y a les devoirs d'école, qui n'admettent aucune interruption.
En été, il y a un mois de vacances ; les enfants n'en profitent guère, car ils emportent une ample provision de devoirs, qui seront exécutés jour après jour selon un programme sévèrement établi.

C'est vers la fin du primaire que les enfants commencent à suivre des cours particuliers dans les "Juku".
Ces établissements payants "complètent les leçons de l'école par des enseignements complémentaires."
Ces écoles commencent progressivement à doubler le réseau scolaire traditionnel.
"C'est encore plus le cas au collège dont plus de 40% des élèves sont inscrits dans des "juku"." Les enfants ont alors un emploi du temps de folie! Après les vrais cours et leurs corvées, ils foncent au Juku où ils y restent jusqu'à 22h!! Ils mangent un rapide sandwich pendant la petite pause du soir. Ils rentrent crevés chez eux,
mais ce n'est toujours pas fini! Ils ont encore leurs devoirs à faire: ceux de l'école, mais aussi ceux du juku!
En définitive, les enfants sont heureux quand ils peuvent dormir 9 heures par nuit.

Une autre solution est le recours au secteur privé qui est considéré comme plus performant et dont l'importance croît à mesure que se rapproche l'étape décisive." Il représente 5% des élèves des collèges et 30% de ceux des lycées. Pour les parents, c'est une grande fierté mais leur bourse en prend un sacré coup! Inutile de préciser que seuls les parents aisés peuvent se le permettre.

Mais revenons-en au collège! Le passage du primaire au collège se fait sans formalités. Le collège dure 3 années et n'a pas de filières. L'étude de l'anglais exige 5 à 7 leçons par semaine ; les Japonais ont de la peine à apprendre cette langue, si différente de la leur notamment au point de vue structure et prononciation. Le collège s'achève par "un diplôme, qui est plutôt une attestation d'études, et qui est délivré presque automatiquement.

Ce diplôme ne donne pourtant pas libre accès aux établissements de la scolarité post-obligatoire, les lycées d'enseignement général ou professionnel. L'admission y est subordonnée aux résultats de tests en japonais, en anglais et en mathématiques. Or le niveau exigé dépend des ambitions de l'établissement pour le placement de ses élèves dans les universités, qui ont également une réputation liée à leur degré de sélectivité. Tous les lycées n'ont donc pas les mêmes exigences et tous n'ouvrent donc pas les mêmes perspectives d'études supérieures. Pour cette raison, ils sont inégalement convoités, surtout parce que, depuis l'époque Meiji, l'université dans laquelle on a fait ses études semble largement déterminer le statut social et le niveau de prospérité.

Pour pouvoir entrer à l'université, les candidats sont soumis à des examens qui deviennent une compétition impitoyable et serrée, parce que l'on sait d'avance que parmi ces candidats, 40 à 70% seront éliminés.
Et pourtant, tous les jeunes gens voudraient poursuivre leurs études à l'université ; ils savent que dans un pays aussi surpeuplé que dans le Japon, la concurrence est d'une rare âpreté, de sorte que pour avoir des chances de réussir dans la vie, il faut, dans le monde des études, gravir autant d'échelons que possible. Année après année,
d'innombrables jeunes gens se présentent et se représentent aux épreuves d'admission dans l'espoir qu'une fois ou l'autre ils auront la chance d'être enfin agréés.

Pour la plupart d'entre eux, ce sont des années de jeunesse consacrées en pure perte à des efforts stériles. Dans la vie des étudiants japonais, tout se ramène à un point : la lutte pour l'existence !

FORMATION DES ENSEIGNANTS

Les futurs enseignants doivent d'abord effectuer en moyenne quatre années d'études supérieures. Ils peuvent ensuite se présenter aux concours de recrutement organisés pour les différents niveaux d'enseignement par les préfectures en fonction des besoins. Une formation pédagogique d'un an est ensuite donnée aux candidats ayant réussi. Ils deviennent des fonctionnaires territoriaux qui ne peuvent pas changer de préfecture sans se présenter de nouveau à un concours de recrutement.

Au Japon, les enseignants sont très respectés, et leur salaire supérieur à celui que perçoivent les enseignants en France.

 

 


LE PORT DE L'UNIFORME

Au Japon, le port de l'uniforme est obligatoire pour tous les écoliers. C'est une tradition qui vient d'Angleterre et qui s'est installée au début du XXe siècle au Japon. D'ailleurs les modèles de ces uniformes n'ont quasiment pas changé en un siècle.

Ces uniformes sont spécifiques à chaque école. Ainsi, on peut savoir à quelle école vont les enfants rien qu'en regardant leur uniforme. Ils portent ainsi les couleurs et les emblèmes de leur école. Vous allez peut-être rigoler, mais l'uniforme est aussi un fort support publicitaire. Les mères japonaises interpellent ainsi leurs enfants: "Oh! Regarde ces élèves! Ils sont au lycée X! J'aimerais tant de voir porter cet uniforme..." En un mot, bosse dur et tu pourras aussi rentrer dans cette école!

Certains uniformes sont très jolis et très bien découpés. D'autres sont super tristounets ou vraiment ringards! En fait, de manière générale, les uniformes des écoles privées sont plus élégants, car beaucoup plus chers! On part du principe que les parents ont les moyens de payer une école privée, donc de payer un bel uniforme!

L'uniforme doit toujours être impeccable. De temps en temps, le directeur de l'école fait appeler tous les élèves dans la cour et procède à une inspection. Gare à ceux qui n'ont pas boutonné tous les boutons ou qui ont mis du gel dans leurs cheveux!! Ca ne rigole pas!!

En fait, le port de l'uniforme est surtout un bon exemple de l'esprit japonais. A la base, l'uniforme permet de mettre tous les élèves sur le même plan, pour qu'on ne puisse pas deviner les distinctions sociales. Et c'est sans aucun doute le cas. Mais c'est aussi un moyen de stéréotyper les élèves: ce ne sont pas des individus, c'est un groupe. Et le fait de porter l'uniforme renforce cette idée.


LES ACTIVITES

Plus qu'un lieu d'apprentissage, l'école est avant tout le premier pas de l'enfant dans la société japonaise. A l'école, il apprendra le goût du travail et de nombreuses autres valeurs qui lui serviront toute sa vie. Toutes les activités proposées sont ainsi un véritable guide, un code de conduite.

Au Japon, les activités au sein de l'école sont très importantes. Les élèves sont tenus (obligés?) de faire partie d'un club sportif ou artistique au sein de leur école. Il y a des tas de clubs différents. Les clubs sportifs sont les plus visés (football, basket, athlétisme,...), mais il y a aussi de nombreux clubs artistiques (théâtre, dessin, chorale,...).
Les récréations sont aussi prétexte à rassembler les élèves autour d'une activité commune. Là encore les sports d'équipe sont privilégiés.
Ces clubs ont pour but, comme pouvez vous en douter, de renforcer l'esprit de groupe au sein des élèves.

Comme vous avez pu le voir, des activités comme la cuisine ou la mécanique sont totalement intégrées dans les cours. Ceci peut paraître assez contradictoire avec la masse de travail que l'on demande aux écoliers et aux étudiants. Pour les japonais, ce sont des cours comme les autres, il ne faut donc pas les négliger.

Il en va de même avec les fêtes ou les spectacles organisés par l'école. Bien qu'ils soient plus fréquents en primaire, il n'est pas rare de les retrouver dans le secondaire. Cela peut se traduire par l'organisation d'une kermesse, d'un spectacle de danse, d'une pièce de théâtre ou tout autre. L'esprit de groupe et le travail en équipe n'en sont que renforcés.

Les corvées! Voilà une activité typiquement japonaise! Qu'est ce que c'est que ces corvées? Et bien au Japon, les écoles ne sont pas nettoyées par une équipe professionnelle de nettoyage. Ce sont les élèves qui nettoient et rangent! Après les cours, un certain nombre d'élèves est "réquisitionné" pour faire le ménage de l'école. Et chaque jour, cette équipe change. Tous le monde doit mettre la main à la pâte!
Les motivations de ce système sont simples. Tout d'abord, il force les élèves à garder leur établissement propre durant la journée. S'ils font traîner quelque chose par terre, tôt ou tard, ils devront le ramasser. Cela permet de faire prendre conscience aux élèves qu'ils sont responsables de leur environnement, ce qui est à priori une très bonne chose.


BILAN

Bon, comme vous avez pu vous en apercevoir, la vie d'un écolier japonais n'a rien de très drôle. Le système scolaire "appelle ainsi à un effort permanent. Mais les élèves qui le refusent se trouve rapidement marginalisés et ceux qui l'acceptent n'ont pas la garantie de se voir payés de retour."

Il est vrai que les écoliers japonais font partie des élèves les plus instruits de la planète. Mais à quel prix? Ce système compromet l'autonomie et la créativité de ses élèves. Les activités extra-scolaires sont quasi-inexistantes.

Le Japon a du faire face dans les années 80 à un taux de suicide élevé chez les lycéens et les étudiants. Leur cause principale était l'échec aux examens. Aujourd'hui, ce taux a fortement diminué. Il est même inférieur à celui des pays européens, mais ce n'est pas pour ça que l'étau s'est desserré. Les écoliers sont pressés comme des citrons, mais ils acceptent cela. C'est la norme. Ils n'ont pas le choix.

Pas très réjouissant tout ça! Heureusement que Ranma est là et qu'il nous présente son école sous un jour beaucoup plus attractif! Et c'est tant mieux!!!

 

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