Tome II, Chapitre I - Partie I - 26 pages
Le retour en arrière qui introduit cette partie met l'accent sur les faux espoirs du coach Mukaida et surtout sur son énorme déception. En effet, les premières pages sont consacrées à l'examen de pro de Kosaku. Ce court passage nous permet de constater ô combien il croyait en la réussite de Kosaku. On remarque aussi qu'à cette époque, Hatanaka, en plus d'être talentueux, était sérieux et motivé. Tout ceci nous permet donc allègrement de nous représenter le "fossé" qui sépare les quatre années. On comprend dorénavant beaucoup mieux pourquoi Mukaida est si déçu car à la vue du match de l'examen pro, il est vrai que Kosaku semblait avoir un avenir prometteur devant lui. On est aussi en droit de se demander pourquoi le jeune gourmand a tout fichu en l'air. Au passage, lorsque Soeur Angela survole l'album souvenir consacré à Kosaku, le coach exprime ses regrets avec amertume, preuve que la cicatrice laissée par l'attitude de Hatanaka est profonde.
Mis à part cela, ce flash-back nous présente aussi la personnalité de Taro, à savoir celle du personnage particulièrement orgueilleux (et prétentieux) rencontrant un succès inouï auprès des filles. Ce personnage ressemble d'ailleurs à des protagonistes tels que Ranma (issu de la série éponyme) pour son côté orgueilleux et son charisme que les filles ne renient pas. C'est aussi le cas pour Tatéwaki Kuno (toujours tiré de Ranma ½) qui brille de par sa prétention hors du commun et son attitude lunatique et irréaliste, Taro ne voyant pas la possibilité d'échouer et étant sûr et certain d'écraser littéralement Kosaku (sauf que Kuno est le plus extrême des lunatiques et qu'il vit carrément dans son propre monde). Ce genre de personnage "gentleman" sur les bords, fier et sûr de lui constitue manifestement un élément clé de l'oeuvre de Takahashi puisque l'on retrouve plusieurs personnages de ce type dans ses autres oeuvres.
En ce qui concerne le comique de cette partie, il est tout d’abord marqué par les bêtises de Kosaku. Bien que son comportement soit ignoble, certaines de ses maladresses cependant ne peuvent que nous faire sourire. En guise d’exemple, le moment où le jeune gourmand dissimule les canettes qu’il a bu dans ses vêtements est très drôle. Tout commence par une canette aplatie que Mukaida trouve au fond de l’une des poches de son disciple. Le fait qu’il éjecte de ses vêtements d’autres canettes quelques secondes plus tard est d’autant plus hilarant. Kosaku est très gêné à partir de cet instant et est confronté à la colère de son entraîneur. Au restaurant, l’indifférence du jeune gourmand vis-à-vis de ce dont lui parle Mukaida (à savoir si il se rappelle ou pas de Taro Matsuzaka) et surtout le fait qu’il dérive du sujet en parlant de nourriture nous montrent encore une fois que Kosaku est un sacré crétin.
Enfin, les dernières pages font une fois de plus intervenir le manque de confiance de Mukaida envers Kosaku. Le coach préfère en effet suivre son disciple pour rentrer afin que celui-ci ne commette pas de nouveau pêché en allant faire des excès de nourriture.
En conclusion, cette partie traduit l’arrivée d’un nouvel adversaire pour Kosaku. Le flash-back est très intéressant et nous permet d’en savoir un petit peu sur Taro et surtout sur les débuts de Hatanaka, à l’époque où il brillait. Pas de grandes surprises sinon, le comique marqué par l’air niais et très optimiste de Sœur Angela ainsi que par les bourdes commises par Kosaku font de cette partie une partie agréable à lire.