Tome I, Chapitre II - Partie II - 24 pages
Dans cette partie, on peut voir que même dans une situation critique on n'est pas désespéré au plus haut point. En effet, alors que Kosaku était uniquement jugé comme un bon à rien, il aura tout de même reçu un défi de Jiro Amakusa, ce qui fait quelque part figure de dernier espoir, le gymnase Mukaida ayant été au bord de se débarrasser définitivement du jeune gourmand. Le défi n'est cependant pas sorti de nulle part et est en fait né de l'envie de se venger de Kosaku (pour avoir été renversé involontairement par ce dernier) qu'a Jiro. On voit donc que Jiro Amakusa est un homme fier, dépourvu de tolérance et prêt à rendre au centuple ce qui lui a été donné, même involontairement. Celui-ci reste en plus de cela très discret sur ses réelles motivations et ne dévoile strictement rien à qui que ce soit, même à son coach. Kosaku dit aussi à ce dernier que sa défense n'est pas très élevée, ce qui le vexe à un très haut point. Il s'agit donc encore une fois d'une preuve indéniable nous montrant l'orgueil excessif de Jiro.
Pour ce qui est du comique, il est dans un premier temps apporté par l'attitude de Kosaku qui ne semble pas se souvenir d'avoir fait tomber Jiro peu de temps avant. La conversation entre les deux garnements en devient loufoque puisque d'un côté, Jiro parle à Kosaku et fait comme si de rien n'était et de l'autre, le jeune gourmand ne semble plus se souvenir de ce qui s'est passé. Celui-ci paraît ne pas rencontrer Amakusa pour la première fois (ce qui est évidemment le cas), notamment lorsque plus tard dans cette partie de chapitre, alors qu'ils s'entraînent tous les deux, Kosaku fait tomber Jiro et s'excuse exactement de la même manière que lorsqu'il l'a fait chuter peu de temps avant, et ce, mot pour mot. La malhonnêteté de la presse est également mise en valeur à travers deux pages où les journalistes ne se privent pas de faire de cette "mise en tapis" la une de leur journal uniquement dans l'optique d'augmenter leurs ventes ; preuve encore une fois de la triste importance qu'a l'argent dans notre société.
On constate aussi que M. Ishida et le coach Mukaida continuent de douter de Kosaku, se demandant si il tiendra la limite de poids jusqu'au jour de son combat et surtout si l'avoir laissé sortir seul n'est pas avoir pris un risque énorme. Le coach lui attribue un tant soit peu de sa confiance et pourtant le jeune boxeur continue de son côté à pécher. Le chapitre s'achève en effet par une belle leçon de morale que donne Soeur Angela à Kosaku. Celle-ci voulant s'assurer qu'il résiste à la tentation décide d'aller le voir dans son appartement. Sa colère est alors éclatante lorsqu'elle voit que le jeune boxeur est sur le point de manger et cette dernière n'hésite pas à lui attribuer un coup de poing dans le ventre pour qu'il ne se goinffre pas mais pour qu'il réalise qu'il était sur le point de faire une grosse erreur. Il remercie d'ailleurs la nonne, l'ayant empêché de manger et d'ainsi recommencer à pécher. Soeur Angela a permis à Kosaku de conserver le dernier espoir qu'il lui reste dans la boxe. Après les pleurs, la situation devient plus rigolote puisque le boxeur s'écrase malencontrueusement sur la nonne et se retrouve la tête sur ses seins. Il a quand même le bon réflexe de se retirer immédiatement car cela n'aurait sans doute pas particulièrement plus à la nonne. Cette partie est donc loin d'être dénuée d'intérêt et se termine d'une assez belle façon, par un drame évité de justesse: le fait que Kosaku craque et mange, détruisant ainsi tous ses efforts pour s'en abstenir.