Tome I, Chapitre II - Partie I - 28 pages
Cette partie fait office d'un certain relâchement de la part de Rumiko Takahashi. En effet, pour commencer, l'abus excessif d'alcool de Soeur Angela rencontré précédemment n'est pas expliqué à travers ces quelques pages. Ceci choque car on était en droit de s'attendre à en savoir un tant soit peu sur les conséquences que cela aurait dû avoir sur son lien avec l'Eglise. Le problème est que même si l'alcool est prohibé chez les nonnes, c'est cette fois-ci Soeur Angela qui commet plus ou moins un péché n'ayant vraisemblablement aucun impact sur sa fonction. Preuve que Kosaku n'est pas le seul à faire des erreurs et que même les personnes dévouées à Dieu en sont capables. Très étrange donc de voir qu'un tel acte de la part d'une religieuse reste sans conséquences.
En plus de cela, le déroulement de l'action est bien trop rapide. Le match d'ouverture envoyant Kosaku sur le tapis n'est que trop peu crédible. Son adversaire paraît en effet être un surhomme et parvient à mettre Hatanaka sur la touche en quelques minutes, d'autant plus que l'on ne saît même pas qui est cet adversaire. Kosaku n'est peut-être pas en condition physique, certes, mais ce combat ne semble avoir comme utilité que celle de constituer une transition entre le Kosaku "en bon état" et le Kosaku, au contraire, "amoché". Par ailleurs, lors de cette bataille, si Kosaku n'est pas au meilleur de sa forme, c'est sans doutes aussi parce que l'absence de Soeur Angela le chagrine quelque part et ne lui donne pas le tonus suffisant pour se surpasser. Au contraire, dans les quelques dernières pages, juste après avoir passé un petit peu de temps avec la nonne, il parvient à frapper très violemment (bien qu'involontairement) le fameux "homme inconnu" qui est pourtant boxeur! Les deux personnalités de Kosaku se démarquent de plus en plus: celle du personnage "mollasson" et pas motivé à laquelle on a à faire lorsque ce dernier n'a pas été "charmé" par Soeur Angela et au contraire, celle du jeune homme motivé et énergique dont l'état est déclenché par les paroles de la nonne. L'amour donne des ailes, c'est bien connu!
On a également à faire ici à un Kosaku qui culpabilise. Le jeune boxeur réalise le manque de sérieux évident dont il a fait preuve lors du combat précédent et en est désolé, désolé de s'être comporté comme un idiot. Il souhaite à tout prix retourner sur le ring et promet de faire de son mieux. Grâce au défi qui lui a été lancé, une dernière chance lui est accordée. Ceci constitue l'un des points fondamentaux de l'immaturité de Kosaku puisqu'il agit le plus souvent avant de réfléchir, et en paye bien évidemment les pots cassés.
Par ailleurs, il est à noter que les fautes de Hatanaka ont un impact sur le côté spirituel de la religion puisque lorsque quelque chose ne va pas chez le jeune boxeur, Soeur Angela a alors un mauvais présage, elle ressent quelque chose d'anormal. Dès la première page, le chapelet de la nonne casse (signe de mauvais présage) parce que quelque chose ne tourne pas rond: Kosaku se fait littéralement dominer par son adversaire et finit d'ailleurs en piteux état.
L'arrivée du boxeur s'avérant être le prochain opposant de Kosaku se fait d'une façon assez mystérieuse et nous laisse présager un combat spectaculaire et intéressant. Au final, ces quelques pages bien qu'un chouïa décevantes, puisque traînant derrière elles quelques points inexpliqués, nous laissent tout de même en droit de nous attendre à une suite de très bonne facture.