Tome I, Chapitre I - Partie I - 28 pages
Avec la première moitié de ce chapitre, le décor est planté et l'histoire démarre sur les chapeaux de roue. En effet, à travers ce dernier Rumiko Takahashi commence d'ores et déjà à développer la relation amoureuse entre Soeur Angela et Kosaku, et surtout les sentiments de ce dernier et sa manière de s'y prendre. Elle nous montre aussi le problème que connaît Kosaku avec son alimentation (il semble manifestement être atteint de boulimie, nous n'en savons cependant pas plus). Les deux fils conducteurs de la série, à savoir le bémol posé au jeune boxeur à cause de son appétit et l'histoire sentimentale entre les deux principaux protagonistes, commencent à se tisser.
Avant toute chose, le comique de Rumiko est bel et bien présent: la gourmandise de Kosaku mène en effet à des situations grotesques voire catastrophiques nous permettant ainsi de voir l'entraîneur dans tous ses états mais aussi de constater l'indifférence du grand gourmand au sujet de sa masse corporelle alors qu'il est censé disputer un combat rapidement et qu'il lui reste peu de temps pour perdre les quelques kilos qu'il a de trop! Son comportement démesuré vis à vis de son poids et son manque de motivation constituent donc un élément comique important, Kosaku étant un boxeur de haut niveau mais pensant visiblement davantage à son estomac qu'aux résultats qu'il se doit de fournir. Ajoutons à cela qu'il fait preuve d'une mauvaise foi extraordinaire en étant prêt à tout pour sauver sa peau des griffes de son entraîneur, tous les prétextes étant bons pour se défendre. Pour accentuer sa gourmandise au maximum, Rumiko Takahashi en fait quand même à certains moments un personnage très motivé mais oubliant malheureusement très vite son objectif lorsqu'il passe devant un restaurant. Son coach voyant que son poids ne baisse pas réellement ira même jusqu'à en déprimer et à s'exiler du gymnase en maudissant son élève! Les conséquences des erreurs que commet le jeune boxeur sont la plupart du temps assez dramatiques mais la situation à l'origine de tout cela est généralement hilarante.
Kosaku est en plus de tout très brutal et vraisemblablement très inexpérimenté en amour. Il manque de tact et s'y prend très mal et trop hâtivement. Ne contrôlant pas ses sentiments, il s'emporte et est ainsi capable de rapidement faire décader une situation. Soeur Angela vient le voir, énervée de voir qu'il est allé jusqu'à faire pleurer son entraîneur... Elle exige d'ailleurs de lui une confession mais ce dernier étant amoureux d'elle enchaîne trop rapidement et n'hésite guère à l'embrasser. Cela déplaît évidemment à la nonne, celle-ci n'ayant pas de sentiments pour le jeune boxeur (ou du moins, nous n'apprenons rien à ce sujet à travers la première partie de ce premier chapitre) et n'étant pas autorisée à avoir de relations amoureuses à cause du fait qu'elle soit religieuse.
A cause du comportement irréfléchi, pour ne pas dire "bourrin" de Kosaku, ces quelques pages s'achèvent d'une façon bien triste et montrent donc allègrement le lien entre relations amoureuses et religion chrétienne, considéré comme tabou, ainsi qu'une certaine immaturité sur certains plans chez Kosaku nous faisant comprendre qu'il s'agit d'un garçon ayant encore à évoluer dans beaucoup de domaines. Au final, la première partie de The sinner and the scale, bien que courte, introduit à merveille cette relation entre Soeur Angela et le jeune boxeur qui s'annonce tout particulièrement alléchante. Elle marque aussi la transition entre l'ancien style de Rumiko Takahashi (celui que cette dernière a adopté pour Urusei Yatsura et Maison Ikkoku notamment) et le style utilisé dans Ranma ½ ou encore Inuyasha.