L'impact de Maison Ikkoku

Rumiko Takahashi commence à écrire Maison Ikkoku au début des années 80 (Maison Ikkoku a à peu près 25 ans à l'heure où j'écris ces lignes !), dans un contexte bien particulier, puisqu'elle débute tout juste sa jeune carrière de mangaka, et elle travaille en parallèle depuis quelques années déjà sur Urusei Yatsura, sa première grosse oeuvre. Maison Ikkoku démarre discrètement à la fin 1980 dans le magasine "Big Comic Spirits". A l'époque, il est catégorisé en tant que seinen, s'adressant à un public résolument plus âgé qu'Urusei Yatsura. Le ton de la série est indéniablement plus mature.

Après avoir rencontré un certain succès, l'inévitable Shôgakukan décide de sortir une édition Tankôban pour rassembler les chapitres dans une édition de bonne facture. Bien évidemment la qualité est bien supérieure au papier bon marché de Big Comic Spirits. L'édition comprend notamment des couvertures spécialement faites par Rumiko Takahashi avec des petites décorations à l'intérieur qui rendent tout de suite cette collection très populaire. En tout, ce sont 15 tankôban de 10 à 12 chapitres chacun qui sortiront. Bien évidemment, ces éditions sont aujourd'hui quasiment introuvables car la Shôgakukan a sorti de nombreuses nouvelles éditions depuis, et seuls de rares fortunés détiennent encore ces perles rares.

En 1986, la série animée de Maison Ikkoku sort sur la télévision japonaise. Mettant en place une équipe novatrice, l'anime sera de bonne facture, ne comprenant que peu de fillers et restant relativement fidèle à la série et à son esprit. Toutefois, les couleurs restent très criardes et contrastent avec l'atmosphère sobre du manga, et le char. design a tendance à s'éloigner du trait du manga à partir de la deuxième moitié. Les seiyuus ne sont pas très connus pour leur part, et même l'excellente prestation de Kyoko ne profitera pas à sa seiyuu qui ne reproduira pas d'autre rôle.

Du côté du manga, ce n'est que 15 ans plus tard que Shôgakukan ressortira Maison Ikkoku, en même temps qu'Urusei Yatsura. Cette fois-ci ce seront les "wideban". C'est la forme adoptée par Tonkam pour l'édition en France, notamment. Là, la qualité papier est encore plus au rendez-vous, et les couvertures sont magnifiques, toutes de Rumiko Takahashi : chacune reflète une des occupations de la vie de Kyoko. L'intérieur comprend notamment des illustrations en couleur qui ne figurent pas dans les éditions Tankôban : les fans y verront un intérêt certain. Le prix est toutefois substanciellement plus élevé, puisqu'on a atteint la somme de 10€ par volume en France avec les éditions Tonkam, et un peu moins au Japon. Toutefois, il n'y a que 10 tomes et non 15 : donc d'avantage de chapitres pour chaque tome.

Plus tard, Shôgakukan a voulu ressortir une version "de poche" qui soit plus abordable, avec la Bunkoban. Ici, les illustrations sont de moins bonne qualité, mais ils sont parfaits pour emmener en vacances et représentent à merveille ce qu'on peut appeler un manga : léger, pratique, sobre. C'est toujours Kyoko qui est à l'affiche sur les couvertures de cette édition, cette fois-ci avec des couleurs de cheveux et des tenues différentes. Fait étonnant, le titre ainsi que le cours résumé y est inscrit en anglais, et seul le nom de l'auteur est écrit en japonais. Suivant le même "taux de compression" que l'édition wideban, il y a toujours 10 volumes.

La plus récente édition sortie est la Soushûhen. Consacrée principalement aux fans inconditionnels de la série, cette collection au prix bien plus élevé et aux graphismes extrêmement soignés, regorgeant de pages en couleur et de bonus en tout genre s'arrêtera malheureusement au volume 6, bien loin de la fin du manga, en 2000.

Aujourd'hui, Maison Ikkoku est un manga extrêmement connu au Japon qui aura connu un succès certain en Europe et aux Etats-Unis, formant une communauté de fans de la série assez importante. La relation entre Kyoko et Godai a également marqué toute une génération de filles en France qui ont connu "Juliette je t'aime", traduction très maladroite du titre original de la série.

Maison Ikkoku a également connu l'ère de succès du laserdisc au Japon, média qui y est toujours très populaire et qui fait concurrence au DVD. L'anime aura donc connu plusieurs éditions lui aussi, on peut le trouver aussi en VHS, même si ça devient à priori plus difficile.

Outre l'anime et le manga, Maison Ikkoku a également généré un nombre important de produits dérivés : Maison Ikkoku fut, notamment dans les années 80, un succès commercial appréciable au Japon, et il n'est pas rare de trouver des produits dérivés pour la série sur des sites de ventes en ligne, sur eBay, dans des magasins spécialisés en manga, et autres. On trouve pêle-mêle les produits les plus répandus chez les fans de manga : figurines, posters, CD d'OST... Les produits ne manquent pas, même si Maison Ikkoku a résolument moins fait recette que les autres grosses séries de Takahashi, puisqu'elle s'adresse à un public différent, plus rare dans le monde des manga.

Aujourd'hui, la communauté de fans de Maison Ikkoku est assez nombreuse sur le net, et de nombreux sites y sont dédiés, il est donc indéniable que la série a eu un impact certain et a marqué une génération toute entière. Elle séduira les plus âgés comme les jeunes adolescentes en quête d'une histoire d'amour qui sort de l'ordinaire.


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