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En 1986, devant l'important succès du manga lancé par Rumiko Takahashi 6 ans plus tôt, la Toei décide de sortir un film live, Apartment Fantasy, retraçant le quotidien des personnages de Maison Ikkoku durant les premiers épisodes de la série. Le film dure 96 minutes (c'est donc un véritable long métrage).
Les seules musiques importées de la série sont celles est de Gilbert O'Sullivan (Alone Again, naturally et Get Down).
| Réalisé par Shinichiro Sawai | |
|---|---|
| Personnages | Acteurs |
| GODAI Yusaku | ISHIGURO Ken |
| OTONASHI Kyoko | ISHIHARA Mariko |
| OTONASHI ojiisan | ARISHIMA Ichiro |
| Soichiro-san (le chien) | Angela |
| YOTSUYA | IBU Masatoshi |
| ROPPONGI Akemi | MIYAZAKI Yoshiko |
| ICHINOSE Hanae | FUJITA Yumiko |
| ICHINOSE Kentaro | NAKAGAKI Katsuhasa |
| NANAO Kozue | KAWAI Michiko |
| Master | FUKAMI Hiroshi |
| Détective | KUSANAGI Kojiro |

Le staff
L'histoire commence par une belle matinée ensoleillée. Un groupe d'enfants passe devant la résidence Ikkoku. Contrairement à la série, l'horloge est plus ou moins en état de fonctionnement. Alors que Godai excédé veut quitter la résidence comme au début du manga, l'horloge se met à résonner. C'est alors qu'arrive Kyoko accompagnée de son chien Sôichiro. Plus tard dans la journée, Godai et les autres résidents d'Ikkoku-kan se réunissent au Chachamaru pour discuter de la nouvelle concierge. Un homme habillé d'une veste et d'un chapeau s'assied non loin et écoute la conversation. Plus tard dans la soirée, les résidents fêtent l'arrivée de la nouvelle concierge dans la chambre de Godai qui essaie tant bien que mal de réviser. L'excitation et l'excès de boisson étant trop pour Kyoko, elle court se réfugier dans sa chambre. Le lendemain matin Godai commence son examen d'admission à l'université. Kozue l'aborde lorsque Godai sort de la salle, et ils prennent le train ensemble. Mais Godai voit Kyoko dans le train et décide de la suivre discrètement, pour découvrir qu'elle se rend au cimetière, et que c'est son mari pour qui elle vient prier. Godai rencontre Yotsuya déguisé en joueur de flute. Ce dernier s'échappe lorsqu'il sent que la concierge les a remarqué. Godai sort une excuse bateau pour justifier de sa présence au cimetière ("Quelle coïncidence!").
Godai et Kyoko sortent du cimetière lorsque Kyoko lui confie qu'elle est veuve. Kyoko entend alors le bruit sourd d'une cloche mortuaire dans sa tête (que Godai ne peut évidemment entendre), et affirme qu'il s'agit de Sôichiro. Plus tard dans la journée, Godai qui revient à la résidence Ikkoku sous la pluie, trouve Mme Ichinose, Akemi et Yotsuya. Ils lui disent que Kyoko est sur le toit. En effet, prenant son travail très à coeur elle répare le toit même par temps de pluie. Godai veut la forcer à redescendre mais d'un geste malencontreux la concierge l'expédie hors du toit et Godai s'écrase sur le sol!
Kyoko prend désormais soin de Godai dont la jambe est cassée, mais lorsque Kozue apparaît pour prendre la relève, Kyoko se vexe et s'en va, froidement.
Kyoko rencontre Yotsuya dans la rue et lui demande quel travail il fait, car on voit qu'il n'est pas très à l'aise avec les policiers. La nuit venue, une femme débarque à la résidence Ikkoku et cherche Yotsuya. La "femme" monte jusqu'à la chambre de Godai où tous les résidents boivent abondamment. Elle ne se présente pas. Pendant ce temps c'est Kyoko qui arrive dans la chambre avec l'homme qui écoutait au Chachamaru, et les deux se joignent à la fête dont l'ambiance est devenue moins festive. Yotsuya offre à fumer à l'homme et fait quelques commentaires sur un dévalisage de la banque récent. L'homme mystérieux et la femme s'en vont au petit matin. L'homme a passé la nuit dans la chambre d'Akemi, et la femme dans la chambre de Yotsuya.
Le soir suivant, on voit Yotsuya suivi par deux policiers, pas très discrets. Puis, plus tard dans la soirée, Godai complètement ivre fait sa déclaration d'amour enflammée à Kyoko, en criant qu'il l'aime et en ameutant le quartier. Ivre de joie il annonce à Kyoko très gênée qu'il a réussi son examen. Lorsque Kyoko lui suggère qu'il aille se coucher, Godai qui n'a pas les idées claires pense à aller dormir avec elle. Il l'emmène donc dans sa chambre sans ménagement mais s'endort avant de pouvoir faire quoique ce soit, devant le regard de Yotsuya qui épiait.
Le lendemain pourtant Kyoko ne lui en veut pas, car elle est surtout contente qu'il ait réussi son examen. Elle rend visite au père de Sôichiro puis rentre à la résidence. Elle rencontre Godai sur son chemin, qui se met à l'abri sous son parapluie. Mais une rafale de vent fait voler le parapluie, perché sur les branches d'un arbre. Kyoko l'interprète comme un signe et s'excuse auprès de Sôichiro. Ils rentrent donc à la résidence Ikkoku sous une pluie battante, mais sont interceptés par l'"homme", qui leur offre de les ramener en voiture. Revenus à la résidence, tout le monde fête la réussite aux examens de Godai, et ce sous forme de comédie musicale! Pour l'occasion tout le monde est déguisé.
Après le numéro musical, on voit l'homme et la femme couchés dans une pièce dont les murs sont entièrement décorés d'horloges. Ils parlent tandis que la pluie continue à tomber. L'homme raconte à la femme qu'il a volé environ 5.000.000 de yens (environ 35000€ en 1986). La pluie cesse et Godai sort. Il va vers la niche de Sôichiro, et lui donne un coup sur la tête, mais Kyoko a vu la scène et lui rend le coup bien plus fort. Godai ne comprend pas pourquoi Kyoko ne peut pas sortir avec lui : il est vivant, humain, et il l'aime. Elle lui met une gifle et Godai s'en va, il décide de quitter la résidence. Kyoko et les résidents discutent de la situation au Chachamaru (sobres!). De retour à la résidence, Kyoko passe l'aspirateur dans la chambre désormais vide de Godai, pensive. Yotsuya lui remet un paquet pour Godai.
De retour d'une dure journée dans son nouvel appartement, Godai y trouve Kyoko avec son paquet. Godai l'invite à prendre quelque chose, et Kyoko lui fait la cuisine. L'incroyable se produit : Godai et Kyoko se couchent dans le même lit mais n'osent se regarder jusqu'à ce que Kyoko prenne l'initiative. On les voit alors sous les couvertures. Mais lorsque Godai s'enhardit, Kyoko entend de nouveau le bruit sourd des cloches mortuaires résonner dans sa tête, sans doute l'allusion à l'ombre de Sôichiro. La scène d'amour s'arrête là. Un coup de fil tire nos deux protagonistes de leurs pensées. C'est Mme Ichinose complètement paniquée qui appelle : Akemi et Yotsuya sont morts !
Godai et Kyoko se précipitent vers la résidence en taxi. On y voit des policiers fouiller les environs. Kyoko veut voir Akemi et Yotsuya, et Mme Ichinose dit qu'ils se trouvent près de la rivière. Mais c'est alors qu'Akemi et Yotsuya émergent lentement de l'ombre, avec une mine de déterrés à cause de la lumière pâle des projecteurs de la police. En réalité, ce n'était pas les corps mais les vêtements égarés d'Akemi et Yotsuya que Mme Ichinose avait trouvé. Les "corps" sont à présent revenus à la résidence Ikkoku. La police ramène tout le monde à la résidence, c'est l'heure de faire la fête! Kyoko et tout le monde se dirigent vers la chambre de Godai, qui voudrait revenir habiter Ikkoku-kan. Kyoko accepte en souriant.
Le ton du film est évidemment très humoristique, tout comme le manga, et reprend les ingrédients qui ont fait le succès du manga. Apartment Fantasy a acquis une certaine notoriété grâce à l'impact de la série, et au fait que les adaptations de manga au cinéma soient rares. Malgré la réalisation de bonne facture de Shinichiro Sawai et quelques bons plans, le film Apartment Fantasy a été très vivement critiqué par les puristes qui n'ont pas digéré de voir les personnages de Takahashi incarnés par de vrais acteurs. Et il est vrai qu'on peut trouver à redire sur le choix des acteurs et leurs performances. En ce qui concerne la physionomie des acteurs choisis, c'est plutôt réussi : Ken Ichiguro est assez proche dans son timbre de voix de ce qu'on pourrait demander à un Godai, mais Ishihara fait trop jeune, et Yotsuya a la carrure pour jouer dans Chapeau melon et bottes de cuir... Il est moins bizzarre que dans le manga, et du coup ça donne moins. Mme Ichinose, elle, est moins déjantée, ce qui fait que les fêtes présentes dans le film sont de suite moins impressionnantes que celles données dans le manga ou l'anime.
Autre couac : le scénario. Ca va paraître bizzarre, mais ce film live paraît moins réaliste que l'anime, un comble! L'histoire est un peu tirée par les cheveux, et même si la langue y est forcément pour quelque chose, on a du mal à suivre. L'introduction du personnage de l' "homme" et de la "femme" reste assez vague, on ne sait pas réellement quel est leur rôle et pourquoi ils sont là. Un des nombreux mystères du film ! ^^
Pour autant, le film est plaisant. Certes, c'est déroutant de voir nos héros incarnés par des humains, mais les comédies musicales sont plutôt marrantes, et le film regorge de bonnes idées. L'inspiration au manga est évidemment très forte, et de nombreux épisodes ont été repris dans le film, sans pour autant faire une copie conforme ou un "résumé" de la série animée : le film est original.
Il faut d'ailleurs savoir que Takahashi avait déclaré avoir apprécié le film live puisqu'elle a assisté à une partie du tournage (on la voit à plusieurs reprises dans le making-of), du moins plus que le film Kanketsuhen, ce qui est une preuve de sa qualité, et quoiqu'en disent les puristes.
Un des points clés du film est le centrage évident sur le personnage de Kyoko, qui, bien plus que Godai, est l'héroïne du film. D'une part, quasiment toutes les allégories (le son des cloches mortuaires, le parapluie emporté par la tempête) et les moments forts lui sont associés. L'actrice, Mariko Ishihara, donne incontestablement une dimension humaine au personnage, d'autant plus humaine que son visage est très expressif, et que le réalisateur a fait le choix de donner à Godai et Kyoko une dimension très adulte puisqu'on les voit au lit ensemble, même si rien ne se passera. Par la profondeur psychologique et la finesse qui est donnée à cet aspect, le film s'adresse à un public plus mûr, et donc plus sensible à ces détails qu'un adolescent qui risque d'être déphasé ou ennuyé par le film.