Les références culturelles dans Maison Ikkoku

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Comme je l'ai déjà dit lors de mon introduction sur les moyens de trouver un emploi, les études sont plus qu'importantes pour avoir une bonne situation. S'il y a 50 ans, un japonais pouvait espérer monter dans la hiérarchie par la force de son travail, aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Le bagage universitaire est obligatoire et ce, quel que soit le métier qu'il souhaite exercer.
Même si ça peut paraître dépassé, beaucoup de jeunes, comme Sakamoto ou Godai dans Maison Ikkoku, rêvent encore de devenir un « salary-man », c'est à dire d'avoir un boulot tranquille et bien payé dans une grande société japonaise. Mais ce rêve est difficilement accessible, car les entreprises ont leur vivier dans les plus grandes universités, et des jeunes au profil plus atypique sont difficilement pris au sérieux.

La scolarité est obligatoire au Japon et est donc suivie par 99,9% des enfants. Le système éducatif japonais est certainement l'un des meilleurs au monde, mais il est aussi réputé très difficile. Pour acquérir toutes les connaissances nécessaires à sa formation, le jeune doit se fondre dans un carcan des plus stricts : matières académiques (japonais, mathématiques, sciences), port de l'uniforme, code interne à l'établissement, examens en milieu et fin d'année, et enfin corvées de nettoyage de toutes sortes.

Le système scolaire japonais est divisé en quatre sections : six années d'école élémentaire (Shôgakkô), trois années de collège (Chûgakkô), trois années de Lycée (Kôkô) et deux à quatre années à l'Université (Daigaku). L'année scolaire débute en avril et finit en mars. Le jardin d'enfants (Yôchi-en) ne fait pas partie du système scolaire mais certaines institutions proposent leurs services du jardin d'enfant à l'université.

Nous allons étudier en détail ces cinq étapes de formation, du jardin d'enfants à l'université et nous terminerons par un point sur la formation des enseignants.

1/ Le jardin d'enfants - Yôchi-en

Le jardin d'enfants est la première approche de l'enfant vers le système scolaire. Au Japon, il est surtout vu comme un excellent moyen de socialisation et de découverte des règles en société.

L'enfant passe entre 2 et 3 ans au jardin d'enfant, c'est à dire qu'il y rentre à 3 ou 4 ans. Les jardins d'enfants sont des institutions privées et les enfants font à peu près les mêmes activités qu'en France, à la différence que le taux de natalité étant en chute libre au Japon, les éducatrices ont beaucoup plus le temps et les moyens de porter attention au développement personnel de l'enfant. On cherche ainsi à inculquer le plus tôt possible aux enfants des connaissances utiles pour la suite. On notera que de nombreux temples bouddhiques et shintoïstes ne recevant plus aucun appui financier de l'Etat ou de la cité ont créé des Yochi-en sur le modèle des missions chrétiennes.

Les liens qui unissent les différentes étapes de la scolarité sont si forts qu'il arrive que des institutions développent des parcours allant du jardin d'enfant à l'université. Autant dire que les places sont rares et chères, mais l'enfant qui y rentre est quasiment assuré de ressortir du programme sans encombre. Un échec de l'enfant au cours du parcours équivaudrait à un échec de ce système tout court puisque les programmes d'une année sont sensés être la continuité du programme précédent.

2/ L'école élémentaire - Shôgakkô

Contrairement au jardin d'enfants, l'école élémentaire est obligatoire. L'entrée à l'école élémentaire se fait à l'âge de 6 ans. Celle-ci dure 6 ans, contrairement à nos 5 années pour la France. Ainsi au Japon, la 6e est rattachée au primaire. La gradation se fait de un à six. La plupart des écoles élémentaires sont des écoles publiques. Il existe cependant également des écoles privées (mais payantes). Les élèves sont plutôt nombreux par classe, soit une moyenne d'environ 40 élèves.

L'école élémentaire est particulièrement ardue pour les petits japonais. Outre l'apprentissage des matières classiques comme les mathématiques, l'histoire, la géographie ou les sciences, les enfants doivent faire l'apprentissage fort complexe de l'écriture japonaise - 1250 signes d'écriture à apprendre.

L'année scolaire commence en avril, après un congé du printemps de dix jours. Elle se divise en trois trimestres : avril à juillet ; septembre à décembre ; janvier à mars. Les élèves ont six semaines de congé en été et dix jours en hiver. Certains vont à l'école six jours par semaine, mais les classes du samedi commencent à être supprimées.

Les écoliers et les étudiants japonais sont donc astreints à un dur travail. Le dimanche est libre, certes ; mais il y a les devoirs d'école, qui n'admettent aucune interruption. En été, il y a un mois de vacances ; les enfants n'en profitent guère, car ils emportent une ample provision de devoirs, qui seront exécutés jour après jour selon un programme sévèrement établi.

C'est vers la fin du primaire que les enfants commencent à suivre des cours particuliers dans les « Juku ». Ces établissements payants apportent des enseignements complémentaires à ceux vu en cours. Ces écoles commencent progressivement à doubler le réseau scolaire traditionnel mais je vous en parlerai plus en détail lorsque j'aborderai le collège.

3/ Le collège - Chûgakkô

Le passage du primaire au collège se fait sans formalités. Le collège dure 3 années et n'a pas de filières. Les collèges sont pour la plupart des écoles publiques. Ils sont souvent nettement plus grands que les écoles élémentaires, les élèves plus âgés pouvant se déplacer plus loin, ils peuvent être réunis en grand nombre. On compte en moyenne quatre écoles élémentaires pour un collège.

C'est au collège que les jeunes commence l'apprentissage de l'anglais. L'étude de cette langue exige 5 à 7 leçons par semaine; les Japonais ont beaucoup de difficulté à apprendre cette langue, si différente de la leur notamment au point de vue structure et prononciation.

Le collège s'achève par un examen qui détermine le niveau de l'élève dans les principales disciplines. Celui-ci sera déterminant pour rentrer dans les meilleurs lycées qui permettent l'accès aux grandes universités. Au bout de ce dernier, on décernera un diplôme à l'élève, qui est plutôt une attestation d'études, et qui est délivré presque automatiquement. Pour résumer, tout le monde obtient le diplôme mais pas forcément avec les mêmes notes.

Pour obtenir de bonnes notes à cet examen, 40% des élèves s'inscrivent dans des juku. Vous avez certainement vu dans des films, des mangas ou des anime à quoi pouvaient ressembler ces classes. Les enfants sont assis à leur bureau le nez sur leurs exercices, un bandeau sur le front, et font face à un enseignant hystérique qui les harcèle de question. Certes, cette vision est un peu caricaturale, mais elle n'est pas tant éloignée que ça de la réalité. Les enfants ont en effet un emploi du temps de folie : après les vrais cours et leurs corvées, ils foncent au Juku où ils y restent jusqu'à 22h!! Ils mangent un rapide sandwich pendant la petite pause du soir. Et lorsqu'ils rentrent chez eux, ce n'est toujours pas fini. Ils ont encore leurs devoirs à faire: ceux de l'école, mais aussi ceux du juku. Au final on comprend que les jeunes Japonais ne dorment en moyenne que 8h24 par jour.

4/ Le lycée - Kôkô

Après le collège, les élèves cessent d'être tous ensemble sans distinction de niveau scolaire et intellectuel. D'après les examens passés à la fin du collège, les élèves sont donc sélectionnés. Certains lycées sont destinés aux élèves les plus doués et d'autres aux élèves que la nature (ou les circonstances) ont moins favorisés.
Le lycée dure également trois ans et il a la redoutable mission de préparer aux examens d'entrée à l'université. La méthode d'enseignement ainsi que le contenu des cours est tourné vers cet objectif.

Pour pouvoir entrer à l'université, les candidats sont soumis à des examens qui ne sont en fait qu'une compétition impitoyable et serrée. Tous visent en effet les grandes universités japonaises. Les élèves sachant d'avance que parmi eux 40 à 70% seront éliminés, ils n'ont d'autre choix que de redoubler d'effort. Et pourtant, tous les jeunes gens voudraient poursuivre leurs études à l'université ; ils savent que dans un pays aussi surpeuplé que le Japon, la concurrence est dure, de sorte que pour avoir des chances de réussir dans la vie, il faut, dans le monde des études, gravir autant d'échelons que possible. C'est pourquoi certains étudiants n'hésitent pas à repasser plusieurs années de suite l'examen d'entrées à ces universités renommées.

Il existe de nombreux lycées privés. Il est bien souvent considéré comme plus performant et son importance croît fortement à mesure que se rapprochent les examens d'entrée à l'université. Il représente 5% des élèves des collèges et 30% de ceux des lycées. Pour les parents, c'est une grande fierté mais leur bourse en prend un sacré coup. Inutile de préciser que seuls les parents aisés peuvent se le permettre.

5/ L'université - Daigaku

Tous les lycéens ne rentrent pas dans les prestigieuses universités, mais ils sont tout de même 44.2% à entrer à l'université.
Il existe différents types d'universités : les universités nationales (99) qui ont un statut légal et qui font partie du Ministère de l'Education, les universités régionales (66) qui sont de la compétence des pouvoirs locaux (préfecture et municipalité), et enfin les universités privées (457) qui sont des institutions libérales.
Ces dernières années la population étudiante a vieilli dans les universités. Avec des concours toujours plus durs et toujours plus sélectifs, les jeunes repassent les examens plusieurs fois. Ainsi la population âgée de 18 ans à l'entrée en fac est passée de 2 millions en 1992 à 1.5 millions en 2000.
De plus les troisièmes cycles ont tendance à être sous-développés. On compte environ 12% des titulaires d'une licence à poursuivre en maîtrise, et 31% des titulaires d'une maîtrise à poursuivre vers le doctorat.

Une fois entré à l'université, l'étudiant pourra souffler un peu. Mis à part les universités les plus célèbres, où la pression reste forte (cela dépend encore des facultés), le parcours devient alors assez facile. Il suffit d'avoir le nombre de points minimal (assez bas) pour pouvoir en sortir. L'obtention du diplôme est alors quasiment automatique. On se rapproche un peu, dans ce principe de nos grandes écoles françaises.

A noter que les étudiants n'optant pas pour l'université peuvent s'inscrire dans des programmes de formation professionnelle.

6/ La formation des enseignants

Au vu de l'importance donnée au système scolaire par les Japonais, on se doute du recrutement sélectif des enseignants.

Les futurs enseignants doivent d'abord effectuer en moyenne quatre années d'études supérieures. Ils peuvent ensuite se présenter aux concours de recrutement organisés pour les différents niveaux d'enseignement par les préfectures en fonction des besoins. Une formation pédagogique d'un an est ensuite donnée aux candidats ayant réussi. Ils deviennent des fonctionnaires territoriaux qui ne peuvent pas changer de préfecture sans se présenter de nouveau à un concours de recrutement.

A noter qu'au Japon, les enseignants sont très respectés, et que leur salaire est supérieur à celui que perçoivent les enseignants en France.

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