Le Bouddhisme désigne la doctrine philosophique et religieuse élaborée en Inde au milieu du VIe siècle av. J.-C., par un prince originaire du nord de l’Inde, Siddharta Gautama. Il existe différentes formes de bouddhisme. Le bouddhisme pratiqué au Japon s’appelle le Grand Véhicule.
La doctrine du bouddhisme est fondée sur les quatre saintes vérités formulées par Bouddha dans son sermon de Bénarès, à savoir: l’universalité de la douleur, l’origine de cette douleur, sa suppression et les moyens qui y conduisent. Ces moyens passent par un chemin spirituel en huit étapes, la noble octuple voie, qui permet de parvenir à la libération ou nirvana. Le meilleur moyen pour accéder au nirvana est de renoncer au monde terrestre et à ses illusions. Un tel détachement ne peut être atteint que par l’abandon de toute vie active et l’entrée dans la communauté monastique. La seule grâce que les non-moines puissent espérer est de renaître dans une meilleure incarnation grâce à leurs aumônes, à l’exercice de la méditation et de la compassion.
Durant l’époque Sengoku, on a vu se développer bon nombre de monzen-machi, c’est-à dire des cités bâties autour de monastères. Ceux-ci leur apportaient un soutien spirituel, matériel, mais aussi de défense lorsque c’était nécessaire. C’est ainsi qu’on vit l’apparition de moines-guerriers. Il en existe différentes sortes. Il y a les akusô (ou heisô) qui sont des religieux guerriers chargés de la défense des temples et qui, souvent, provoqaient des troubles et il y a les sôhei (ou shûto), qui sont les religieux de bas rangs utilisés comme gardiens et éventuellement comme soldats.
Le Shinto, qui se rattache à l’animisme des peuples sibériens, est l’ancienne religion du Japon. Au coeur du shinto se trouve le culte des kami, esprits ou divinités des ancêtres et de la nature. S’appuyant sur les notions de pureté et d’harmonie entre l’homme, la nature et les dieux, ainsi que sur le respect des traditions, le shinto cimente fortement l’identité japonaise.
Le mot shinto, forgé au VIIe siècle pour distinguer la religion japonaise autochtone du bouddhisme - introduit au VIe siècle à partir de la Corée -, signifie voie des divinités. Il est constitué de deux idéogrammes chinois: shin, qui signifie divinité et to (dao en chinois) qui désigne le chemin ou la voie. La prononciation japonaise de shin est kami.
Le panthéon du shinto compte des myriades de kami, esprits ou forces vitales qui peuplent tous les lieux : l’espace domestique, les montagnes, les forêts, les rivières, etc..., avec une prédilection pour les positions stratégiques comme les carrefours ou les confins. Ils peuvent se manifester sous forme d’animaux (renard, tigre) ou de phénomènes naturels (tempêtes, typhons). Les kami sont aussi les divinités ancestrales d’une famille, d’un clan ou d’un village.
A l’époque Senoku, les temples sont gérés par un grand-prètre (gûji), souvent entouré d’autres prètres (kannushi). A ceux-ci de joignent souvent les miko, qui sont des femmes chamanes agissant en tant que medium lors de certains rites (matsuri) et qui, soit évoquait l’esprit des défunts, soit agissait comme intermédiaire entre les kami et les humais lorsqu’elle entrait en transe. Elles ont été peu à peu remplacées par des jeunes filles qui assistaient les prètres dans leurs offices.
La chrétienté fut amenée au Japon par Francisco Xavier (François Xavier) en 1549. Durant l’époque Sengoku et le début de la période Momoyama, les chrétiens connurent un essor rapide sous la protection d’Oda Nobunaga. Mais après sa mort, son successeur Toyotomi Hideyoshi interdit le Christianisme parce que les chrétiens niaient le système traditionnel de classe. Son successeur Tokugawa Ieyasu alla encore plus loin puisqu’il décida d’exterminer tout simplement les chrétiens. Les missionnaires continuant d’arriver, le troisième shogun Tokugawa Iemitsu décida de fermer le pays aux étrangers en 1638.
A la fin de l’époque Muromachi, à partir de 1429, éclatent de nombreuses révoltes. Les paysans et les citadins s’organisent en communautés qui tiennent tête aux seigneurs. A partir des années 1470, la secte Ikkô, branche principale du Jôdo Shinshû, va jouer un rôle très important en encadrant les révoltes socio-religieuses de petits guerriers et de paysans, que les historiens ont appelées Ikkô ikki, les révoltes Ikkô.
Entre 1457 et 1499, Rennyo, huitième pontife de la secte, en fait une véritable église qui encadre de grandes masses de fidèles. Enseignant une foi simple, rédigeant ses prêches dans une langue compréhensible par tous, il cherche à convertir dans les villages toutes les couches de la population, même les plus humbles, et à les organiser autour d’un dôjô (lieu de pratique).
Le moyen-âge a été marqué, entre autres, par une croissance de la productivité agricole et par l’émergence d’une classe de paysans aisés, les myôshu, qui étaient responsables de la collecte des taxes. On voit aussi apparaître des petits guerriers issus de la paysannerie, les jizamurai, petits samurai. Ceux-ci se détachent peu à peu de la paysannerie mais ils gardent souvent un sentiment de solidarité avec elle. Ces deux catégories jouent un rôle de leader dans des campagnes où l’insécurité et l’effritement du pouvoir central obligent à resserrer les liens de la communauté. Dans les villages se créent des ligues, structures égalitaires unissant les participants dans un but commun, par exemple pour réclamer des exemptions de taxes ; si la ligue s’avère efficace, elle peut ensuite subsister et se transformer en véritable commune autogérée, le sô, qui s’arroge peu à peu les droits anciennement réservés au seigneur, comme la gestion des eaux. Le succès de la secte Ikkô s’explique en partie par l’exploitation de cette structure communautaire : l’organisation religieuse, le kô, coïncide avec le sô et se confond avec lui. L’assemblée des fidèles se réunit au dôjô, qui est souvent la demeure du paysan le plus riche du vilage, et traite aussi bien de questions agraires que religieuses.
En 1465 la popularité de la secte est telle que les moines-guerriers du mont Hiei détruisent son temple, le Honganji, et obligent Rennyo à se réfugier dans la province de Kaga, autour de Kanazawa, sur la mer du Japon. En 1474 , à la faveur d’un conflit de pouvoir au sein de la maison du gouverneur local, les fidèles de la secte expulsent celui-ci et instaurent à partir de 1488 une commune religieuse autonome qui subsistera pendant plus d’un siècle. Les communes de ce type se multiplient dans le Kinki (qui correspond à peu près au Kansai, la région de Kyôto et Osaka). Les redevances seigneuriales, dont le refus était souvent à l’origine des révoltes, sont remplacées par le paiement de la dîme au Honganji. Rennyo fait construire un nouveau Honganji près de Kyôto et, fort de l’appui de ses fidèles organisés et armés, se comporte en seigneur et même en tyran. Oda Nobunaga, qui établit son hégémonie sur l’ensemble du Japon entre 1560 et 1573, aura finalement raison des ligues Ikkô au prix d’une guerre sans merci.
Les citadins s’organisent eux aussi, pour se protéger des bandits, des armées étrangères, et des paysans. La secte Hokke, qui rejette les redevance féodales et les taxes urbaines, et qui prône l’importance de la réussite en ce monde, séduit les marchands et les artisans. Mais les méthodes aggressives et l’intolérance de la secte finissent par lui faire perdre le soutien des citadins, et les ligues Hokke sont écrasées en 1536 par une coalition menée par les moines de la montagne. La secte est vaincue, mais les communes citadines, elles, continuent à prospérer.