L’ère Sengoku

Présentation

Avant d’entrer dans le vif du sujet et d’étudier les différentes caractéristiques de l’ère Sengoku, une petite présentation générale de la période est à mon avis nécessaire.

Située à la fin de la période Muromachi (1392-1573), l’ère Sengoku est considérée par bon nombre d’historien comme la fin du Moyen-âge japonais.

Nommée « période des pays en guerre », l’ère Sengoku (Sengoku jidai) s’étend de 1467 (guerre de l’ère Onin), à 1568 (occupation de Kyîto par Oda Nobunaga). Durant cette période la situation politique du Japon fut totalement instable et caractérisée par des luttes incessantes entre les sectes religieuses, les daimyî et les jitî pour conquérir la suprématie. Cette période vit l’accession au pouvoir local de nombre de guerriers de bas rang ou de petits seigneurs, ce qui lui fit également donner le nom de gekokujî. Profitant de la faiblesse des shîgun Ashigaka comme de la cour impériale, après les guerres de l’ère Onin qui désorganisa le pays, la plupart des guerriers entrèrent en lutte les uns contre les autres dans le but de conquérir des territoires.

Cependant, malgré l’instabilité politique de cette « guerre de cent ans » japonaise, le commerce et l’artisanat progressèrent, les daimyî ayant à coeur de renforcer leurs armées, de se bâtir des forteresses luxueuses et de montrer leur puissance en montrant leurs richesses. Des mines se développèrent pour fournir les sengoku-daimyî en fer, cuivre, or et argent. L’industrie du coton commença à se développer, et dans les villes s’établirent de nombreux commerçants et artisans pour fournir à la demande sans cesse croissante des daimyî et des armées.

C’est de cette époque que date l’essor de cités commerçantes comme Salai, Hyîgo ou Hakata, des cités-châteaux (jîka-machi) et des monzen-machi. Les rivalités qui opposaient les sectes bouddhistes traditionnelles profitèrent aux religieux zen qui purent répandre leur culture dans le peuple aussi bien que dans l’aristocratie.

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