L’ère Sengoku

Organisation militaire

Les seigneurs de la guerre

Seigneurs d’un type nouveau, ils incarnent une nouvelle étape dans l’histoire de l’ascension sociale des couches guerrières. Leur pouvoir est indépendant, sans lien avec aucune forme traditionnelle d’autorité, cour impériale ou sh&oicirc;gunat. Le seigneur de la guerre ne tient compte de personne pour agir et s’impose avec l’autorité suprême de la région qu’il contr&oicirc;le. Leur légitimité ne découle d’aucune forme de pouvoir légal. Ils s’imposent par la force et de leur capacité à maintenir leur principauté dépend leur autorité aux yeux de leurs vassaux et de leurs sujets. Précisément parce qu’ils n’ont aucun droit légal à régner, ils cherchent à toute force à établir des lois provinciales, sortes de constitutions féodales qui leur confèrent cette légitimité indispensable à la direction de leur petit état.

Pour ces seigneurs, quelle que soit leur origine (shugo, prévots, barons, aventuriers,…), la fin justifie les moyens. Seule compte la force personnelle qui donne dimension charismatique au héros et qui lui permet de compter sur la fidélité sans conditions de ses vassaux. Cette capacité (kiry&oicirc; no jin), cette habileté dans le gouvernement des hommes devient indispensable pour conquérir le pouvoir et s’y maintenir quand plus aucun ordre suprême n’est en mesure de tempérer les passions et les appétits de pouvoir.

Les vassaux

Les seigneurs de la guerre resserrent leur contr&oicirc;le sur les étages inférieurs de la couche des guerriers. L’organisation seigneuriale vassalique est divisée en plusieurs groupes :

Les ichimon

Ce sont les membres de la famille du seigneur. Avec le principe de la succession indivise, les membres de la famille ne bénéficient plus d’une partie de la succession. Ils doivent se contenter de former l’étage supérieur de la vassalité du chef qui alloue des revenus en espèces ou en riz. La fidélité de ce groupe de ichimon n’est pas toujours à toute épreuve et si la succession est difficile, ils peuvent nouer des intrigues pour capter l’héritage.

Les fudai

Ce groupe de grands vassaux est en général le plus stable et le plus fiable pour le seigneur. Les fudai sont eux-mêmes soit des collatéraux trop éloignés pour prétendre à l’héritage, soit des guerriers compagnons de la première heure du seigneur. Les fudai sont d’ordinaire issus de familles guerrières de la province, qui ont accepté très t&oicirc;t d’être vassalisées par le daimy&oicirc;, à moins qu’il ne s’agisse de petits guerriers, dont les domaines étaient situés à proximité de ceux du futur seigneur et qui ont préféré s’allier avec lui plut&oicirc;t que le contraire.

Les tozama

Ce sont les vassaux extérieurs, c’est-à-dire les autres seigneurs dont le domaine a été intégré à la principauté du daimy&oicirc; au fur et à mesure que celui-ci étend son territoire par la guerre et les annexions. Ces tozama sont en général des guerriers vaincus devenus alliés par la force des choses, à moins qu’ils n’aient accepté de passer alliance. Le seigneur les place en position de vassaux certes, mais les tozama préfèrent ces liens à une attitude hostile qui risque fort de provoquer leur anéantissement total. Bien que toujours maîtres de leur domaine, ces tozama sont étroitement surveillés et perdent vite toute autonomie. Ils restent néanmoins toujours dangereux et prêts à trahir à tout moment.

Les petits vassaux

Ces petits guerriers forment généralement la garde personnelle du daimy&oicirc; et sont divisés en catégories précises : gardes à cheval, fantassins, pages, écuyers, etc…

Les autres

Quant au jizamurai et aux gros paysans, ils sont eux-mêmes parfois tenus de participer à la guerre, soit en s’intégrant à l’armée du daimy&oicirc; le temps de la campagne, soit en fournissant des armes, des équipements militaires divers ou du ravitaillement.

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