
1- La vie de Rumiko Takahashi
2- Les autres oeuvres
3- Différences et ressemblances
4- Interviews
5- Bibliographie
Urusei Yatsura (publié pour la première fois en 1978)
épitomise l'approche de la BD par Takahashi. Le manga porte sur les relations tempêtueuses entre Ataru Moroboshi,
un lycéen dans la petite ville de Tomobiki, et Lum, une créature éblouissante de sex appeal et de jalousie,
qui est en fait une extraterrestre."'Urusei Yatsura est un titre dont j'avais toujours rêvé étant enfant. Ca
incluait vraiment tout ce que voulais faire. J'adore la science-fiction car elle d'une flexibilité
étonnante". Plus que de la science-fiction, Urusei Yatsura est un mélange de triangles amoureux (et d'autres
polygones encore plus complexes !), de mythologie Chinoise et Japonaise, de la vie lycéenne et bien plus. L'ensemble des
personnages a grandi tout au long des 9 ans d'existence du manga, et lorsque la série s'est achevée, le public
suivait les aventure d'environ 25 personnages de premier plan ! Les personnages furent globalement divisés en deux groupes
: les amis de Lum, qui ont souvent été inspirés de figures de légendes mythologiques; et
les Terriens. Takahashi elle-même admet être partielle en aimant ouvertement des personnages comme
l'étrange Ran, ou encore Benten. "J'aime également Ryunosuke et son père , qui étaient faciles
à manipuler dans l'histoire. Le caractère de Ryunosuke était assez clair : elle veut vivre comme une
femme, et le role de son père est de l'en empêcher. Clair et simple". Ryunosuke (la fille qui s'habille et qui agit
en garçon) a également été un ferment idéal pour les futures idées de Takahashi,
notamment dans Ranma ½.
La race de Lum vient originellement sur Terre pour la conquérir. Mais la Terre a une chance, si Ataru
(choisi au hasard par un ordinateur comme Champion de la Terre) peut battre Lum dans un duel, les envahisseurs quitteront la
Terre sans plus tarder. Ataru ne rêve que de mettre la main sur la délectable Lum. Ce qui est assez difficile,
lorsqu'il découvre qu'elle peut voler... Mais il triomphe à la fin, après avoir enduré souffrance et
humiliation, ayant (visiblement) perdu tout intérêt pour Lum. Lum est tombée irrémédiablement
amoureuse de lui, et restera sur Terre pour lui courir après pendant 34 volumes.
"Pour Urusei Yatsura, je voulais pas créer d'histoire ordinaire, je voulais que le lecteur soit complètement
dérouté par la surprise avec les différentes péripéties du manga. Idéalement, chaque
histoire avait de nombreuse sous-intrigues qui finissaient par se recouper à la toute fin, ce qui fait que le lecteur
restait évidemment en proie au suspense. Ce fut assez difficile, de mettre en place toutes ces astuces."
L'humour y est très présent, ce qui est finalement une volonté très forte de la part de Takahashi : "Je voulais écrire une vraie comédie avec un humour immédiat et instinctif pour que les lecteurs réagissent vite. C'est vraiment agréable de voir les gens rire quand ils lisent mes livres. Si l'histoire est plus sérieuse, c'est plus difficile de savoir si les gens l'aiment ou non. J'imagine que c'est parce que je suis restée une grande enfant!" (rires)
Lors de sa première apparition, Urusei Yatsura ne connut pas un succès immédiat, et Takahashi continua à travailler sur ses histoires courtes (dont quelques une ont été ensuite insérées dans les collection de la série Rumic World, édité par Shogakukan). Toutefois, vers le milieu de l'année 1979, Takahashi voyant le succès d'Urusei Yatsura, elle concentra tous ses efforts dans cette série, presque exclusivement pendant un an.
"Lorsque j'étais encore une étudiante assez pauvre, je vivais à Nakano (un quartier de Tokyo) dans un petit
appartement qui me coûtait environ 55.000 yens par mois (environ 550 euros). Juste derrière mon appart il y avait
un autre appartement dans lequel vivaient deux personnes étranges, qui passaient leur temps à se parler avec
des talkies walkies alors qu'ils n'étaient qu'à quelques mètres l'un de l'autre. Je trouvais ça
assez ennuyeux voire même effrayant et je me demandais ce qu'ils pouvaient bien faire." C'est cet endroit dont Rumiko
s'est inspirée pour faire la "Ikkoku-kan". Bien qu'elle n'eut jamais l'occasion de rentrer dans cet appartement, elle
conçut la maison Ikkoku d'après lui. C'était une maison bon marché japonaise typique, avec une salle de
bain commune, pas d'eau chaude, et la plupart du temps la nécessité d'aller prendre son bain aux Bains
Publics à quelques pas de là. "Une fois que l'on est installé dans un appartement, il est en
général très difficile et très onéreux de changer de logement au Japon, puisque l'on doit
verser une caution de 6 mois dont 4 mois ne sont pas rendus". Vous ne pouvez donc pas rejeter les gens qui
partagent le même toit que vous... vous devez vous entendre avec eux. Je voulais créer un genre de pièce de
théâtre sur ce genre de mode de vie, ses tenants et ses aboutissants.
Maison Ikkoku (Le mot "maison" étant emprunté directement du français) raconte l'histoire de Yusaku Godai, un jeune étudiant, et de son amour pour Kyoko Otonashi, la belle jeune veuve qui devient concierge de la maison. Godai tombe amoureux de Kyoko au premier regard, et franchit obstacle après obstacle pour gagner son amour, et en être digne. Kyoko elle-même n'est pas une caricature de la femme japonaise parfaite, mais un personnage fascinant qui combine gentillesse avec un tempérament occasionnellement très violent. Hésitante au début, elle éprouve ensuite des sentiments pour le jeune Yusaku. Une fois de plus, le génie de Takahashi pour créer des personnages fascinants donne un casting inoubliable, et implique le lecteur dans l'histoire à un degré extraordinaire.
"J'ai pris beaucoup de plaisir à créer cette série" sourit Takahashi. "Au début, je voulais juste démarrer l'histoire en me centrant sur l'histoire d'amour entre Kyoko et Godai, et de là, partir vers une approche psychologique des autres protagonistes. Mais au fur et à mesure que je développai la relation entre Kyoko et Godai, elle me parut nettement plus intéressante, et finit par prendre la prédominance dans l'histoire." Le secret du succès de Maison Ikkoku (qui fut un succès incroyable, se vendant environ 80% plus que Urusei Yatsura) est du notamment au talent qu'a Takahashi de créer des personnages auquel le lecteur s'attache. Quiconque lit Maison Ikkoku éprouve de la peine pour Godai, qui essaie désespérément de gagner le coeur de Kyoko. Godai commence l'histoire comme "ronin", un étudiant universitaire qui a échoué le premier tour de ses examens d'entrée, et qui étudie à plein temps pendant un an avant de ré-essayer. Kyoko, elle, est veuve depuis peu, et elle a peu de place dans son coeur pour autre chose que pour les souvenirs de feu son mari, Soichiro. Les efforts de Godai peuvent être dépeints comme "3 pas en avant, 2 pas en arrière", tant le destin semble s'acharner contre lui, ou encore ses amis et ses voisins de la Maison Ikkoku. Le super entraîneur de tennis de Kyoko, le riche et beau Mitaka, est le seul rival sérieux (et c'est assez sérieux) de Godai. Maison Ikkoku pourrait ressembler à un reality-show, ou une série télévisée montrant la vie à plusieurs dans une maison, mais recèle la gentillesse, la philosophie et le style qui remettent la plupart des sitcoms à leur place. On ne rit jamais des déboires et des déceptions de Godai, et on est empli de chaleur et de joie lorsque tout se passe bien.
Takahashi enchaîne : "Je pense que la différence de base entre Maison Ikkoku et Urusei Yatsura est la manière dont les personnages principaux ont été présentés. Dans le cas de Urusei Yatsura, le personnage principal était vraiment celui que les lecteurs voulaient être. Dans Maison Ikkoku, le personnage principal était celui pour qui les lecteurs éprouvaient le plus de compassion et de sentiments forts. Ils peuvent s'identifier plus facilement à lui."
Si vous voulez en savoir plus sur cette superbe série, rendez-vous sur notre section Maison Ikkoku.
![]() 1er volume : |
![]() 2ème volume : |
![]() 3ème volume : |
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- Those Selfish Aliens - Time Warp Trouble - Hono Tripper - Maris the Chojo - Warau Hyuteki |
- The Golden Gods of Poverty - Wasted Minds - The Entrepreneurial Spirit |
- Wedded Bliss - That Darn Cat - A Cry for Help - War Council - When My Eyes Got Wings - Sleep and Forget - The Face Pack |
![]() 1er volume : Rumic Theater |
![]() 2ème volume : 1 or W |
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- The Tragedy of P - The Merchant of Romance - House of Garbage - Hidden in the Pottery - One Hundred Years of Love - Extra-Large Size Happiness |
- The Diet Goddess - Excuse me for being a dog ! - To Grandmother's House we go - Shake your Buddha - The grandfather of all Baseball games - Reserved Seat - One or Double - Happy Talk - Winged Victory |
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| Le numéro 1000 du Shônen |
La première histoire de sirènes a été publiée dans le
numéro 1000 du Shônen Sunday, en 1985. Ce volume était rempli de petites histoires de différents
auteurs, mais la principale attraction fut "Une sirène ne sourit jamais", ce qui fut évidemment un
succès. L'histoire était longue, environ 60 pages, et comprenait des pages en couleur, ce qui est impressionnant
pour une petite histoire. Mais bien sûr, ce n'est pas une petite histoire faite par n'importe qui ;)
La saga des sirènes est très mal connue en Europe, puisque seulement 3 mangas sur les 8 existants ont
été exportés hors du Japon, et sur ces 3, seulement 2 ont été portés en version
animée. C'est également une suite d'histoires parallèles qui suivent une trame générale.
Les 3 volumes principaux sont : Ningyo no Mori (Mermaid's Forest), Ningyo no Kizu (Mermaid's Scar),
et Ningyo no Gyoushi (Mermaid's Gaze).
D'autres volumes n'ont été publiés qu'au
Japon, et ont eu une importance très relative par rapport aux trois cités ci-desus. Il s'agit de Ketsushite ni
Ningyo wa Hokorobiru (Une sirène ne sourit jamais), Akusenkutou Fuitsushiyou no Mura (Le Village des Pêcheurs),
Ningyo no Yakusoku (La Promesse de la Sirène), Ningyo no Masuku (Le Masque de la
Sirène), Ningyo no Yume (Le rêve de la Sirène).
Selon la légende, manger de la chair de sirène rend un homme immortel, une éternité de vie qui devient rapidement un enfer solitaire. Au 16ème sicèle, Yuta fut maudit par cette exisitence sans fin et depuis des siècles de solitude il est à la recherche d'une femme immortelle avec qui il pourra partager sa vie éternelle. Quand il trouve une jeune fille appelée Mana, sa quête semble toucher à sa fin. Mais d'autres connaissent le secret de la chair de sirène. Profanation de sépulture, torture, expériences médicales cachées, tout est bon pour découvrir le secret de l'immortalité. Et maintenant, le Dr. Shina et ses assistants n'ont qu'un seul sujet pour leurs recherches : la belle Mana. Comme les tests de Shina font sortir des créatures cauchemardesques de la chair de sirène, Yuta doit trouver un moyen de se débarrasser, pour lui et Mana, de ces monstruosités de l'immortalité.
La saga Mermaids est une série très noire, complètement à l'opposé de la Takahashi "grand public" mais très intéressante et qui fait éprouver un effet de "catharsis". Pour découvrir cette fabuleuse série, rendez-vous dans la section Ningyo.

One Pound Gospel (Ichi Pound no Fukuin) est encore une bonne série de Takahashi. On retrouve la
touche de Rumiko, à savoir les sentiments et la franche rigolade. Bien sûr, ce n'est pas aussi frappant que les
autres travaux de l'auteur, mais elle est intéressante à découvrir car très originale, l'histoire
étant assez courte et finalement on ne s'ennuiera pas. L'intrigue est assez osée. Elle explore le potentiel d'une
relation qui est considérée comme tabou. En effet, il s'agit d'une comédie romantique mettant en scène
une nonne novice : Soeur Angela est un personnage remarquablement bien pensé. Etant encore très jeune, elle ressent
tout ce que le coeur d'une femme de son âge peut ressentir, mais qui est en même temps confronté à son
sens du devoir envers l'Eglise. On remarquera donc que Takahashi a fait là une exception dans son sens de la tradition, en
situant son oeuvre dans un contexte plus européen. One Pound Gospel est un très bon manga, avec des "moments
d'anthologie", comme par exemple quand Soeur Angela vient dissiper ses ennuis dans le bar du coin, elle qui est si droite.
Le graphisme n'est pas mauvais et est très intéressant à étudier pour tout fan de
Takahashi, puisque l'on remarquera que Rumiko était vraiment dans une phase transitoire entre son ancien style
à l'oeuvre dans Urusei Yatsura et son nouveau style qui fera le succès de Ranma et plus tard d'Inu Yasha.
L'histoire : Kosaku Hatanaka est la fierté de l'école de Gymnastique de Mukaida. Il est un boxeur né, mais il ne peut contrôler son appétit vorace. Kosaku mange tout et ni'mporte quoi ! Et évidemment, son poids augmente et il est obligé de combattre dans des catégories de poids plus élevés, donnant évidemment beaucoup de fil à retordre à son entraîneur. Soeur Angela en est amoureuse. Elle l'encourage et elle fait tout son possible pour que Kosaku soit le plus en forme possible, le surveillant même sur le plan alimentaire ! Elle sait que Kosaku est amoureux d'elle, et il semble qu'elle n'est pas non plus insensible à Kosaku, mais elle ne peut admettre la nature de ses sentiments : les nonnes ne sont pas sensées avoir des relations amoureuses. Comment l'amour s'en sortira-t-il ?
Inu Yasha prend ses racines dans l'histoire de Hono Tripper, écrit 11 ans auparavant. Une
jeune fille étudiante, Higurashi Kagome, le jour de ses 15 ans, est aspiré par le vieux puits sacré du
sanctuaire où elle vit, et se retrouve transporté 500 ans en arrière, à l'époque du Japon
féodal et de l'ère Sengoku! Elle y rencontre un jeune Hanyo (mi humain-mi démon) appelé Inu Yasha,
qu'elle délivre d'un sort qui l'emprisonnait depuis 50 ans. A la recherche d'une perle magique qui donne des pouvoirs
incommensurables à celui qui la possède, la perle de Shikon, Inu Yasha découvre que Kagome détenait
la perle (sans le savoir). Suite à la poursuite d'un monstre qui a dérobé la perle, Kagome brise
accidentellement la perle en mille morceaux, tous ses fragments se dispersant aux 4 coins du Japon. Afin d'empêcher des
monstres de s'emparer de ce bijou très précieux, Inu Yasha et Kagome partent à sa recherche, et
rencontreront maints personnages venant les rejoindre (Shippo, Miroku, Sango, Kirara) ou les affronter (Sesshomaru, Naraku,
Kagura...).
Inu Yasha est à l'heure actuelle le plus gros succès manga au Japon, précédant de peu l'excellent Naruto.
La série est donc toujours en cours, et elle atteint déjà 32 mangas sortis au Japon (contre seulement 9
en France). C'est un savant mélange de tout ce que Takahashi fait de mieux : histoire d'amour, action,
comédie, bestiaire extrêmement riche, références historiques... C'est à l'heure
actuelle son manga le plus abouti, ce qui prouve que notre Rumiko internationale est toujours en quête de perfectionnement,
et c'est tant mieux ! C'est une série évidemment portée en anime, très riche en personnages, de
sorte que l'intrigue est passionnante, et les psychologies à la fois mystérieuses et déroutantes.
A découvrir d'urgence !! Foncez vers la section Inu-Yasha !!
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